C’est tout naturellement que les cafés américains Starbucks auront l’honneur de lançer fin septembre le nouveau livre d’un auteur à succès, Mitch Albom. Rien de surprenant finalement car les magasins Barnes and Noble hébergent systématiquement et directement au coeur de la librairie… les cafés Starbucks. Avec succès ! À nouveaux comportements d’achats, nouveaux espaces, et vice-versa. Ainsi certaines grandes surfaces, comme Wal-Mart, vous proposent d’être votre propre caissier si vous le souhaitez : vous accédez à une machine où vous scannez les produits, payez et quittez le magasin. Plus récemment, vous avez la possibilité d’accéder à des bornes connectées au site web du magasin pour affiner vous-même votre recherche des produits. Contrairement aux apparences, est-ce que ce ne serait pas les meilleures innovations possibles pour revaloriser le maillon faible en librairie : le vendeur. Car le vendeur alterne entre la caisse qui l’épuise, les rayons à mettre à jour toujours plus vite et les questions sans intérêt des clients, à 80 % centrées sur l’endroit où trouver le livre en rayon car il l’a déjà sélectionné sur le Net. Après mes quelques mois comme vendeur chez Barnes and Noble, lire est une impossibilité permanente : ni le temps, ni l’énergie. Pourtant un programme remarquable montre la voie en incitant les magasins à “pousser” un livre chaque mois, livre lu par tous les vendeurs… et les ventes suivent. Inclure un temps de lecture dans le temps de travail est-il hors de portée ? Avant 2015 cette librairie hi-tech ? Pour redonner le goût de lire aux libraires et nous faire partager leur immense savoir. Car un libraire qui lit reste une ressource inépuisable. Et c’est à lui d’éduquer le lecteur, de le guider, de lui faire découvrir d’autres auteurs, d’autres centres d’intérêts. Combien de livres subissent le classement arbitraire du rayon quand seul le libraire peut donner vie au lien entre deux livres loin l’un de l’autre. Arrêter d’être un vendeur pour redevenir un libraire.


