Plagiat graphique

Je, tu, il modifie à la marge…
dans | dans mon bocal | groummphh |

Rien ne ressemble plus — en apparence — à un visuel qu’un autre visuel…! Si certains se sont fait une spécialité d’interpréter les visuels phares des concurrents pour créer des ersatz crédibles (…qui, curieusement, ne fonctionnent pas mieux), en France, le législateur répond à cette sourde envie de copier par l’Article L335–2.

Bon, il faut reconnaître que personne ne produit from scratch un nouveau concept… Je me souviens des réflexions de mon professeur à l’école d’architecture UP3, Jean Castex, qui fustigeait ceux d’entre nous qui parlaient de leur façade… Non, non, nous nous inspirons toujours de ce qui nous entoure, de ce que nous avons vu, de notre vécu, de nos feuilletages qu’ils soient livresques ou réels lors de nos balades urbaines.

Bref, notre cerveau (…et c’est heureux !) mémorise des éléments qui nous parlent, nous touchent. Et il est logique qu’à un moment donné, ces briques élémentaires remontent à la surface de notre conscient pour construire un nouvel agencement graphique.

le design, nouvel enjeu commercial

J’imagine que tout le monde à encore en tête la bagarre ente Samsung et Apple. Mais un autre procès avorté devrait faire également refroidir très vite les ardeurs plagiaires de certains.

@urbanbike

Avez-vous en mémoire la copie directe de l’horloge très connue des chemins de fer helvétiques SSB ([1]) dans une application livrée sous iOS 6 par Apple.

Ici, Apple n’a pas cherché une seconde (sic !) à gagner du temps et les deux parties sont très vite arrivées à un accord dont le montant à été dévoilé récemment.

@urbanbike

Je me demande même si cette affaire et les 21 millions de $ qu’elle a coûté ne représente pas un plus pour Apple qui démontre ainsi son attachement au copyright.

Bref, une sorte de on s’en est inspiré et on le reconnaît volontiers.

Pas certain que nos esprits hexagonaux, toujours prêts à mettre le pied en dehors de la ligne jaune (…pas vu, pas pris), n’aient compris le message.

Certes, cela fait cher le pixel mais quid pour une couverture de livre au format 17 x 24…?!

En résumé, dans cette histoire, forte de sa propre négociation vis-à-vis des SBB CFF FFS pour une simple icône d’horloge, Apple montre qu’elle est sensible au plagiat et même qu’elle reconnaît ses sources d’inspiration. Et donc se légitime pour, à son tour, attaquer qui de droit.

Comme tous les graphistes, je suis sensible à cette péripétie pour en avoir déjà vu ses conséquences naguère. Le principe est généralement le même : dès qu’un graphiste tombe en disgrâce chez un client, son travail est reproduit (re sic…) sans vergogne. Pour ceux qui se retrouvent ainsi marginalisés, cette soudaine irruption du design devraient leur rappeler que leurs travaux ne sont pas sans importance.

Ou pas aussi inutiles que certains le clament. Désormais, aux professionnels de montrer les dents si besoin est.

Nous ne serons jamais anoblis par la Reine comme Sir Jonathan Ive ([2]) mais au moins nous savons désormais que notre métier n’est pas exclusivement décoratif…!

Pour plus d’information, lire ceci, ceci, encore ceci ou cela.


  1. Voir Annonce sur le site des SSB  ↩

  2. Lire sur Wikipedia… Sir IVE  ↩

image du monde végétal — close-up
logotype d'urbanbike


Recherche | mode avancé

Sans oublier…!

image
Follow me on App.net