Histoires de débits et de players
Dans | ça se regarde | photographie | signé laurent |
Dans | ça se regarde | photographie | signé laurent |
par Laurent Thion

Bon, le malheur des uns faisant les heures supplémentaires des autres, et compatissant d'autre part avec le handicap temporaire de JC, voici donc l'occasion rêvée d'épiloguer sur la saga du NIKON D3 par cet ultime billet consacré à des photographies faites au… D200.
En effet, la prestation demandée sur le chantier GEPOR avec le D3 incluait la réalisation de vues complémentaires panoramiques sphériques. Pour des raisons obscures et complexes, sur lesquelles je reviendrai probablement si les choses traînent (sibyllin, non ?), le D200 muni du NIKKOR 10,5 mm (oui, j'ai bien dit D200 en non D300 !) s'avère à l'heure actuelle le meilleur moyen de générer "facilement" des fichiers panoramiques destinés à l'exploitation sur écran, notamment sur le ratio qualité / rapidité.
Car, c'est bien joli un D3 muni d'un 14-24 mm f/2,8 mais cela manque encore singulièrement de champ englobé : seulement 114 x 84 degrés !
Pour voir carrément plus large, et toujours sans déformation ni distorsion d'aucune sorte, c'est ici. Au delà, cela me semble compliqué…
Vu l'ampleur du chantier considéré, on voit ici l'intérêt de ce type de prise de vue : l'immersion dans le sujet, avec le froid, le vent, la poussière, le casque et les bottes en moins ! Et, du coup, j'en profite pour parler un peu de la spécialité maison : le panoramique sphérique.
Diffusion du média
Le développement commercial du panoramique interactif s'est heurté dès le départ à deux problèmes qui sont en passe d'être résolus définitivement : la nécessité d'être connecté en haut débit et la possession obligatoire du player idoine.
Tout le mode se souvient des premiers panoramiques QuickTime au format timbre poste, interminables à télécharger en 56K. Pour ma part, le panoramique interactif ne s'entend qu'en taille plein écran. Ce format particulier offre l'avantage unique de pouvoir s'adapter à n'importe quelle proportion d'affichage SANS anamorphoser l'image visualisée.
La conséquence directe est de devoir générer un fichier web dont le poids est compris entre 1 et 2 Mo selon la nature du sujet et sa propension à se compresser en jpeg plus ou moins facilement. Cette valeur a été déterminée empiriquement en 2002 lors d'essais que j'avais soumis à plusieurs autres "pionniers" de l'époque comme Hans Nyberg ou Peter Murphy.
Ce poids de fichier reste d'actualité et la généralisation de l'ADSL permet désormais de s'affranchir des versions bas débit en petit format. Le débit internet proposé actuellement est enfin adapté au produit ! Un soucis de moins.
L'autre frein à la large diffusion (c'est le cas de le dire) du panorama interactif est l'obligation d'employer un player. Historiquement, les applets Java puis QuickTime player (à partir de la version 4) ont été les premiers à permettre la lecture des images sphériques. Avec chacun des inconvénients. Le problème majeur étant d'installer lesdits players sur des machines dont l'utilisateur ne possède pas les droits d'administration. La solution qui se profile utilise le player Flash très largement installé d'origine sur la quasi totalité des ordinateurs.
Plusieurs développeurs proposent des convertisseurs qui transforment les images natives (projections equirectangulaires ou faces de cubes) en fichiers swf. La qualité de rendu n'est toutefois pas aussi bonne que le format historique QuickTime mais la garantie de savoir ses images lisibles par tous fait que Flash s'impose. Pour ma part, je continue de proposer les deux formats en ligne. À L'internaute de faire son choix en fonction de ses goûts et/ou de son équipement informatique.
Autres utilisations potentielles
Un panoramique bien réalisé peut aussi s'utiliser ailleurs que sur un écran. Je pense en particulier à une exploitation imprimée. J'ai récemment testé des traceurs grand format (on en reparlera) et ai eu le plaisir de constater qu'une image a priori destinée au web offrait un potentiel plutôt étendu en matière d'impression. À la condition de repartir des images natives et pas du fichier qui est en ligne, bien sûr !

Ici, un "petit" tirage de 2 mètres de large (encre UV sur bâche). Le D70 posé dessus pour donner l'échelle : pas de pixel visible !


