image du monde végétal — close-up

Francis Hallé, botaniste et dendrologue

Une découverte
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par Jean-Christophe Courte

Billet écrit à chaud…
Non, pas d'iPad au programme. Mais une rencontre bien plus forte. Jeudi 20 mai, je bascule par hasard sur France Culture et je tombe sur une voix, celle de Francis Hallé. Je l'écoute quelques minutes mais j'ai encore une mission sur le feu que je dois terminer. Dans la soirée, je recherche le podcast de l'émission à voix nue sur iTunes et copie sur mon Mac les 4 émissions disponibles. Le samedi suivant, je récupère la cinquième émission et puis je laisse de côté, trop occupé.

Cet après-midi, tempos maussade, je me décide à écouter la première émission désormais sur mon iPhone. Et là, le choc.

Je m'envoie dans la foule les 4 autres podcasts que je ne résume pas, vous n'avez qu'à les écouter à votre tour car cela peut très bien ne pas vous toucher…!

Pour ma part, j'ai toujours été bien plus intéressé par le monde végétal que par le monde dit vivant (sic !), les animaux (comme si les plantes ne vivaient pas…!). La réduction de mes allergies en vieillissant — comme quoi cela a des côtés sympathiques — me permet enfin de mettre le nez dans la nature même au printemps. Et, armé de mon boîtier, d'explorer en photo rapproché un univers qui m'a toujours été difficile d'accès pour cause de réactions violentes.

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Ce matin, en me baladant avec ma fille dans le parc de Versailles, nous nous sommes dit qu'il nous fallait bientôt retourner dans ce musée exceptionnel qu'est l'arboretum de chèvreloup, revisiter les arbres. Or c'est de cela dont parle avec enthousiasme Francis Hallé…

Je vous engage d'ailleurs à lire attentivement la page même de présentation de l'émission et à consulter ses nombreux liens. Hallé, c'est l'un des inventeurs du radeau des cimes avec Dany Cleyet-Marrel, Gilles Ebersolt et quelques autres.

Bref, je ne sais pas si cela vous secourra autant que moi mais j'aurais 20 ans aujourd'hui (et pas d'allergies…!); c'est réellement un domaine vers lequel je me dirigerais. Sauf qu'il risque de ne plus y avoir de terrain de recherche bientôt avec la disparition des forêts tropicales sous la pression des bucherons et autres exploitations agricoles.

Comme d'habitude, l'homme s'avère très efficace dès qu'il s'agit de foutre en l'air son environnement. Rions car nous sommes tous concernés. Ce que Hallé explique, c'est que la recherche — avec un grand R — risque de pâtir de la perte définitive de cette incroyable manne… Super, non…?

Pour finir, un extrait d'un entretien paru dans Télérama en octobre 2008.
Les forêts équatoriales représentent le sommet de la biodiversité. On y trouve le maximum d'espèces dans un volume donné, beaucoup plus que dans le milieu marin. C'est donc une formidable perte. Notre espèce y est née, et on y trouve encore nos plus proches cousins, les grands primates. Et n'oublions pas que cette disparition se double d'un génocide car il y a des hommes qui vivent là, sans détruire quoi que ce soit. Un génocide institutionnalisé pour la recherche du profit : qu'est-ce que ce monde-là ? Le cas de la Guyane me touche de près. On y détruit la forêt pour chercher de l'or, en utilisant du mercure qui pollue les rivières et pourrait avoir une influence dramatique sur les populations amérindiennes. Quand Hernán Cortés est arrivé à Mexico, que cherchait-il ? De l'or, et il avait le plus profond mépris pour les Indiens. A-t-on fait le moindre progrès depuis ?

Télérama : Considérez-vous le combat comme perdu ?
J'ai passé beaucoup de temps à tenter de défendre la forêt primaire, et je n'ai rien obtenu. Mais sur le plan éthique, se battre a une valeur. Je me considère comme extrêmement privilégié : grâce à l'expérience du Radeau des cimes, j'ai vu ces merveilles et j'aurais voulu que mes contemporains puissent en profiter. Le sous-bois de ces forêts, ce qu'on voit à hauteur d'homme, ne présente pas grand intérêt. En revanche, ces canopées sont d'une beauté spectaculaire, impossible à décrire. Une fois que vous avez vu ces couronnes d'arbres en fleurs, ces animaux extraordinaires et de toutes tailles, que vous avez entendu le concert de la faune canopéenne à la tombée du jour, au milieu des lucioles, vous ne pouvez plus y toucher. Par ailleurs, c'est une immense réserve en molécules biochimiques, un trésor planétaire qui offre des perspectives formidables pour la recherche pharmaceutique. Un jour, on aura besoin de ces molécules et on se dira : c'est bête, on les avait sous la main et on n'en a pas tiré parti.

Sans commentaire.
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