Drive ou marché

Et l’humain, braves gens ?
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En gros, entendu ce matin à la radio : L’essor des «drives» en France risque d’être encadré par les pouvoirs publics face au manque de réglementation. Les enseignes parlent de création d’emplois et de nouveau créneau de distribution, les clients trouvent que c’est fabuleux en terme de temps gagné.

Faire remplir son coffre

Tout ceci est idyllique a priori : vous activez une liste de courses de base, ajoutez deux ou trois produits, validez la commande sur internet puis, par mail, vous recevez une info sur l’heure à partir de laquelle vous pouvez passer au dépôt chercher vos produits en voiture.

Vous n’avez pas eu à perdre du temps à faire les courses (d’autres personnes ont rempli votre chariot), vous pouvez passer en coup de vent après le boulot, vous n’achetez que des produits standards déjà transformés (…je ne pense pas que vous achetez des produits frais, mais bon, qui sait), un coup de voiture, vous ouvrez le coffre, vous chargez, c’est fait.

À vous ensuite de trimballer vos courses comme avant jusqu’à votre logis.

Se faire livrer

Pour ma part, je préfère la solution qui consiste à prendre le bus ou me rendre à pied dans une petite surface de mon quartier, remplir mon chariot au gré des arrivages et de mes choix de produits frais vus à l’étal et non sur une photo rutilante.

Payer le tout à une vraie caissière. Laisser, si trop de courses, mon chariot qui sera mis en sacs et en chambre fraîche jusqu’au moment ou le livreur qui me les apportera les placera dans des casiers idoines dans son véhicule.

Dans cette opération, le client voit d’autres clients (…oh, des humains), des produits industriels ou frais, peut choisir de visu les produits périssables, n’a pas à prendre de voiture, peut s’adonner à d’autres activités et, une à deux heures plus tard, récupère ses courses livrées chez lui s’il a laissé son chariot au service ad hoc.

Bien entendu, la solution des drives est pratique pour les salariés.

Mais dans un monde plus astucieux, avec une part de travail à domicile, la seconde solution est encore plus écologique (un seul véhicule qui apporte dans votre quartier vos courses lors d’une tournée). Et permet aussi aux personnes de redécouvrir le plaisir de faire le marché avec des produits pas exclusivement passés par Rungis si l’on habite en région parisienne. Et je ne parle pas des personnes âgées qui n’ont pas à porter leurs courses lourdes de plus.

Marcher au marché

Mieux encore, il existe une autre solution assez ringarde car n’utilisant même pas internet.

Celle de rencontrer les producteurs dans ces lieux que l’on nomme des «marchés», des événements qui ont lieu deux fois par semaine dans mon quartier (là à 10 minutes à pied), baguenauder, décider de se servir à tel stand plutôt que tel autre, sélectionner tranquillement ses légumes et ses fruits de saison. Bref, choisir en fonction de ce qui est présenté et, parfois, revenir avec des produits qui n’étaient pas (mon dieu !) sur la liste de courses !

Et rencontrer des humains, discuter avec des gens tout en faisant la queue et en regardant ce que l’on va ou non commander.

Bien sûr, ce n’est pas couvert, ce n’est pas conditionné, faut penser à se munir d’un panier, porter ses provisions, acheter des trucs pas transformés qu’il faudra cuisiner soi-même (…au lieu de juste ouvrir une boîte, une barquette ou un sachet), éplucher, laver, nettoyer (avec ses mains !) puis découper, cuire, saler (moins !) et servir à table.

L’horreur quoi…!

image du monde végétal — close-up
logotype d'urbanbike


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