image du monde végétal — close-up

La page lue

Le livre, vous y accédez comment…?
Dans | édition américaine |

par Joël Seguin

Ici aux USA, l’oral et l’image passionnent tout autant, voire plus, que l’écrit. Cela dit, le livre occupe une place majeure au pays des maisons d’édition géantes, des presses universitaires respectées et des éditeurs indépendants toujours actifs. En France, le livre est un média à part. Ses auteurs font la une des magazines. Des suppléments hebdomadaires lui sont dédiés dans la presse écrite. Les stars télé s’en emparent en animant des émissions littéraires. Mais des deux côtés de l’Altantique, la baisse du nombre de lecteurs, des boulimiques aux jeunes, est un casse-tête. Les ventes de livres ne se cumulent plus sur une période supérieure à un an comme auparavant. Tout est maintenant périlleusement dit en trois à six mois pour la majorité d’entre eux.

Que le livre perde du terrain, pourquoi pas. Qu’il en perde alors que son environnement est différent, c’est bizarre. Que veulent donc nous dire les lecteurs américains et français ?

image

Essayons de traduire sans pathos. En ne pensant ni aux contraintes de l’éditeur, du libraire ou de l’auteur. En laissant parler le lecteur devenu internaute et zappeur de programmes télé, amateur de jeux vidéos ou loueur de dvd à l’heure du tout chez soi.
Bizarre cette baisse continuelle, le nombre de lecteurs devrait augmenter, non ? Les livres sont partout, plus séduisants que jamais, avec tous les prix imaginables…

C’est que notre ami lecteur a bien changé. Un ami lecteur qui voit l’accès aux autres médias avec des forfaits au mois si abordables. Un ami lecteur qui sait que le livre permet vraiment de penser par soi-même mais qui n’y touche pas !  Je me reconnais dans ce lecteur. Je suis autant intéressé par les nouveautés dans les rayons cuisine que photo, voyage, roman, politique, religion, histoire, enfant, sociologie, business, bricolage, poésie, musique, animaux ou nature. Je fais un choix à contre coeur. Contrairement à mes envies, je ne peux pas me permettre d’acheter régulièrement un livre dans trois à cinq rayons différents et je connais les limites de la bibliothèque ou du livre Used.

Et la télé et internet ont pris leur part de mon gâteau jusqu’alors réservé au livre. Habitué au brassage des programmes télé et à internet, je m’intéresse facilement à plus de sujets. Je me surprends à trouver normal l’accès total, abordable, immédiat avec internet ou la télévision, décalé avec le cinéma… et n’en attend pas moins des librairies de demain. Avec un forfait combinant en dur et en ligne, le livre papier et le livre électronique ? Pourquoi pas.

Les révolutions sont peu nombreuses et se concrétisent lentement dans les faits. La révolution numérique est surtout dans les esprits. Quelques uns comme Steve Jobs imaginent plus loin que d’autres. De même, l’accès au livre était une révolution en marche. Des signes avant-coureurs ? La montée en puissance ces dernières décennies du format poche en France. Ou les chaînes de librairies s’appuyant toujours plus sur le prix libre du livre aux USA. Et bien sûr, cette baisse régulière du nombre de lecteurs, non par désamour du livre mais par la force des choses.
Ces lecteurs sont loin d’être perdus, ils ne demandent qu’à être entendus.

logotype d'urbanbike
image