
La typothèque FontShop accessibleDans |
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par Jean-Christophe Courte
Euh, tu sais, la typo qui a une drôle d'allure et que tu m'avais montrée la semaine dernière…? Tu sais, une sorte d'avant-garde aplati qui aurait rencontré du souvenir, ce mix très tendance qui s'inspire du garamond…? Enfin, tu vois…?
Bien évidemment, vous êtes loin de votre Mac pour retrouver la typo associée à cette explication surréaliste…
Une solution se trouve — peut être — sur iTunes, c'est
FontShop sur l'iPhone (encore…!)… Cela vient tout juste de sortir et c'est expliqué en allemand sur le site de
FontShop… Allemagne. L'application est aussi en anglais mais il n'est pas nécessaire d'être fluent pour comprendre comment cela marche…
Et vous pouvez même saisir un texte d'exemple…
Bon, ce n'est que la liste des typos vendues par cet éditeur mais c'est déjà un début… Et si cela vous dépanne, c'est encore mieux…! À quand la même chose chez MyFonts…?
Ajout de 10:00 : Myfonts, c'est une
lettre mensuelle à découvrir ici…
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le 4/12/2008 à 23:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
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par Jean-Christophe Courte
Avertissement : certes il existe des produits gratuits dont l'excellent
FontExplorer qui vous conduit vers la boutique en ligne de Linotype à la moindre hésitation. Je suis assez fidèle aux produits que j'utilise et FontAgent a rejoint mon Mac dès
2003 pour remplacer
feu ATM. Enfin, ce billet long est un clin d'œil à mon ami Jean-Denis.
J'en arrive aux faits : la dernière version de
FontAgent Pro — 4.0.3 — (avec désormais
Smasher incorporé — indispensable pour nettoyer les caches de sa machine sous OSX) est disponible depuis 72 heures. L'intérêt réside dans la mise à jour pour l'ouverture automatique des polices nécessaires dans des documents ouverts sous Adobe Creative Suite 4. Je n'évoque pas ici la possibilité de partager des typos, je ne l'utilise pas, travaillant seul.
Le plus de cette version réside dans les plug-ins livrés dans une annexe .dmg à part à décompresser… Un grand choix que vous pourrez installer individuellement.
Après installation, un assistant va vous permettre de paramétrer en français cet utilitaire. La francisation du produit, dont les panneaux d'aide, sont arrivés avec la version 3.3 et non avec cette version comme j'ai pu le lire ailleurs. Bien évidemment, pour ceux qui réalisent une mise-à-jour, leurs préférences sont conservées, CQFD. Cela se réalise par étapes.
De l'emplacement de la bibliothèque des polices…
À l'activation automatique des polices (dont celles sous Classic si vous êtes encore avec OS X 10.4.x et PPC)…
Et, qui dit activation, dit plugs-in…!
FontAgent Pro propose pas mal d'options par défaut (dont le partage qui je déconnecte) dont la gestion des polices système…
Notez que 'une typo qui a été activée automatiquement peut être ou non maintenue. Pour ma part, je préfère que ces typos ne soient PAS réactivées au redémarrage par FontAgent sous peine d'avoir 10000 polices qui se chargent à la fin inutilement. Mais il est vrai que cela peut être pratique selon votre façon de travailler. Bref, c'est à chacun de choisir.
Ensuite, c'est pas très compliqué de se repérer…
Trois grandes parties ou panneaux sans oublier la barre des menus explicite.
1. la liste des polices que l'on peut, ou non, regrouper par famille. Cela offre la possibilité de repérer tout ce que l'on a en
magasin…
2. les typothèques et/ou ensembles de typos par clients. Notez que vous pouvez activer ces derniers en lieu et place de la liste des polices selon votre usage…
3. un panneau de prévisualisation accessible que le typo soit active ou non.
Dans la
première partie, un filtrage par type de police et la possibilité d'activer ou désactiver, par famille ou juste une variante, affichage en WYSIWYG que je déconseille dans la mesure où le troisième panneau permet de le faire avec plus de justesse et à l'aide d'un pangramme à sa façon…
Dans la
seconde partie, vous pouvez alterner entre :
affichage du contenu des typothèques : manière astucieuse de regrouper par fondeur vos précieuses polices acquises chez tel ou tel. Et lister en regard de chaque typo le nombre de variantes disponibles… Ici, des fontes éditées par
P22.
affichages d'ensembles de typos… Exemple, les polices utilisées pour un client ou pour une mission donnée, mais aussi catalogue par styles que vous pourrez constituer grâce à l'outil
Classeur de polices évoqué plus loin. Bref, ce panneau vous permet d'organiser vos typos selon vos besoins, sachant que toute police peut appartenir à plusieurs ensembles… Cela offre du coup un moyen simple pour ouvrir ou fermer un
set précis.
Dans tous les cas, FontAgent Pro indique les éléments déjà ouverts (ce rond vert en regard du nom de la typo). Si vous tombez sur un rond à demi vert, c'est qu'il s'agit d'un dossier et que toutes les variantes/typos contenues ne sont pas actives…
Enfin, le
dernier panneau permet de visualiser les typos en WYSIWYG (What you see is what you get) sous divers modes…
Pratique pour visualiser des options sauf que j'ai réduit le corps (ici, 42 pts) pour la copie d'écran.
N'hésitez pas à agrandir le corps (ici à plus de 120 pts) et la taille du panneau pour visualiser précisément les hairlines (ici la Taz Condensed de chez LucasFonts)
Et même de jouer sur les couleurs de typo et de fond…
Enfin, si vous êtes très organisé, vous n'aurez pas besoin de classifier vos fontes. Néanmoins, FontAgent Pro permet de créer des catégories via cette fenêtre dédiée…
Sans oublier un outil permet d'isoler assez vite,
via un jeu de critères précis, les polices recherchées…
Tout ceci et bien d'autres points que je en détaille pas comme l'impression de catalogues de typos, font de cette application une pièce indispensable de mon travail quotidien. Ce n'est pas gratuit mais vu la qualité de l'ensemble et le gain de temps offert en ouvrant automatiquement les typos nécessaires à tout document réalisé sous InDesign, je ne peux que le conseiller.
À noter que vous pouvez tester cette version 30 jours gratuitement…
Le site de l'éditeur de FontAgent Pro :
insidersoftware.com
Ensuite, n'hésitez à trouver la meilleure disposition pour les panneaux selon votre usage et même à laisser FontAgent Pro ouvert (…ici avec une typo que Jean-François reconnaîtra sans aucun doute…!)
Petit plus : N'hésitez pas à changer de
pangramme et substituer au sempiternel
The quick brown fox jumps over the lazy dog… une phrase plus amusante ! J'aime bien celui de Richard Barbeau,
Fougueux, j'enivre la squaw au pack de beau zythum (cette dernière étant une sorte de bière égyptienne)… Mais plus souvent, pour vérifier que la typo souhaitée possède bien des lettres accentuées (c'est le cas quand je teste des fontes gratuites trouvées sur le net qui en sont souvent dépourvues), optez pour un
pangramme accentué… Certains sont très longs (trop…!) mais celui de Gilles Esposito-Farèse, est à retenir :
Le moujik équipé de faux breitschwanz voyage (le breitschwanz est de la fourrure d'agneau astrakan). Si le "é" est remplacé par un carré, passez votre chemin où à n'utiliser qu'en titraille.
Précision importante : Smasher permet bien de nettoyer les caches existants au fil des jours. Mais pour un nettoyage complet et radical, je vous conseille à mon tour
FontNuke, un utilitaire proposé gratuitement par Jake Pietrykowski. En effet, j'ai eu des petits soucis de mise à jour de nouvelles versions de polices, polices que je possédais déjà, et le fondeur m'a engagé fermement à employer cette solution…
J'ai ainsi découvert que j'avais près de 850 fichiers de cache et ces derniers ont été réduits à moins de 350 après passage de FontNuke. Par contre, si vous aviez des typos ouvertes via FontAgent Pro et que celles-ci n'apparaissent plus alors qu'elles sont bien activées, pas d'angoisse : il suffit de désactiver les typos récalcitrantes puis de les réactiver.
Ceci s'explique par le fait que mon système a évolué constamment depuis les années (depuis les versions classiques OS 7, OS 8 et OS 9), passage à OSX et aux nouvelles versions (pour l'heure, je reste sous OSX 10.4.11 volontairement)…… Bref, pas mal de
strates historiques, de dossiers, de caches non supprimés, de scories d'autant que j'ai continué à bosser occasionnellement sur Classic jusqu'en 2007 (pour l'usage exclusif de FrameMaker, CQFD).
Info(s) pratique(s)…
Thierry Buanic (Monsieur PDF) me rappelle que les versions 4.0.1 et 4.02 étaient effectivement en anglais (comme je bossais en version 3.3 jusqu'à hier, je ne m'en suis pas rendu compte même si j'avais installé la 4.0.1 sur mon portable). Je n'ai pas tout évoqué faute de temps mais, comme dans Mail, FontAgent Pro dispose de dossiers intelligents qui se remplissent selon les critères de recherche (c'est une recherche dont le résultat est stocké en permanence à un endroit), etc.
Enfin, FontNike est à utiliser avec parcimonie car c'est quand même assez violent. C'est pourquoi Smasher conviendra généralement si vous utilisez du Microsoft et du Adobe ou Quark simultanément et si votre machine a un système installé récemment et proprement. Dans mon cas, ce sont des années de dossiers trimballés, de systèmes mis à jour. Mais bon, j'ai retrouvé pas mal de lisibilité notamment sous Safari qui n'arrivait plus à afficher certains sites de manière intelligible…! Si vous avez le même souci, ne cherchez pas…!
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le 4/12/2008 à 09:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Et quelques surprises… typographiquesDans |
ça se regarde |
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par Jean-Christophe Courte
Le site du fondeur berlinois
LucasFonts est en cours d'ajustement avec une nouvelle présentation des typographies maison et un support total du navigateur Safari…
Si vous possédez déjà un compte, pas de souci, utilisez les mêmes informations pour vos acquisitions en ligne. Je signale la sortie de nouvelles typos (Taz Condensed), d'exemples de lettrages plein écran pour apprécier la beauté de ces polices et même d'un module d'essai de la typo souhaitée (typeshow) en ligne…
Lucas Fonts, c'est Luc(as) de Groot, le créateur des séries TheSans et TheMix (le
projet Thesis démarré en 1994 pour mieux comprendre) que vous avez forcément vu sur des annonces presses, des couvertures de livres (les miennes…!) et nombre de revues… Pour ma part, je suis un fondu des versions Condensed dont la TheSans Condensed…
Notez les ligatures proposées…
Bon, la suite est à voir ici :
lucasfonts.com
Bien entendu, vous pouvez acquérir ces typos via
MyFonts ou via
Graphic Obsession. Et bien d'autres revendeurs.
Certes, ce n'est pas donné, mais il est astucieux de s'offrir des familles complètes, les prix décroissent en fonction du nombre de variations commandées. D'autant que ces typos sont
accentuées tous azimuts…!
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le 3/12/2008 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Only under InDesign…Dans |
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par Jean-Christophe Courte
Dans la boîte à outils du graphiste, après
Hurry Cover et
Swap-items, je vous propose de découvrir un troisième script de l'ami
Marc Autret, exclusivement pour InDesign et absolument lumineux,
EanDesign.
Je ne l'utilise pas tout le temps pour les raisons mentionnées à la fin de ce billet mais ce script est absolument sidérant… En gros, vous avez un code-barres à placer sur une maquette et donc son code EAN 13, EanDesign vous le dessine littéralement…! Pas de typo à fournir, le rendu est vectorisé et votre flasheur, imprimeur, client peut utiliser le .pdf que vous allez lui expédier ou le fichier InDesign sans aucun souci…
Il suffit d'appeler le script pour que celui-ci vous affiche cette fenêtre. Vous rentrez le code EAN 13 et hop…!! Même la caractère de contrôle est calculé et si votre EAN est faux, EanDesign vous le signale…
Mais le plus intéressant est que vous pouvez définir très précisément les dimensions de l'objet final. Et même choisir parmi quatre typos l'écriture des chiffres en dessous…
C'est d'ailleurs la méthode ultra-pointue de rendu des typos que Marc explique dans son
billet relatif à ce script. Uniquement accessible aux
geeks férus de
scripting et balaises en maths…!
Enfin, plus fort encore, vous pouvez
rééditer votre code-barres en le sélectionnant dans votre document InDesign et lui réaffecter les dimensions souhaitées — n'est-ce pas, Charles…!
Limitation : cet outil ne gère pas (encore) le code-barres à la verticale, ce qui me conduit à toujours utiliser l'excellent et increvable
Trans|B|A|R| et ses typos spécifiques de chez
Quartet, tant pour des maquettes de livres que pour des catalogues liées à des bases de données… En ce cas, chaque EAN est remplacé par une convention d'écriture, un simple champ dans une base de données. Il suffit de relier ce code à un style utilisant la typo dessinée par Quartet pour afficher le code-barres à la volée dans des fiches produit par exemple…
Mais avouez que pour réaliser une couverture de livre, une jaquette de CD-ROM ou une étiquette de produit alimentaire ou autre, EanDesign est un
must… N'hésitez-pas à écrire à Marc pour le lui dire si vous l'utilisez car, comme pour ses deux autres scripts, cette version d'EanDesign est gratuite.
Prenez le temps de lire ses explications : ce gars écrit divinement…!
Info(s) pratique(s)…
Note : si urbanbike rame un peu ces derniers jours (depuis samedi), il semble que cela soit dû aux codes de Google Analytics qui sont intégrés dans chaque page pour
vous espionner construire les statistiques…! Cela m'agace et je pense sérieusement à les retirer si cela se poursuit trop longtemps…
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le 26/08/2008 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Faut-il fournir ses sources au client final…?Dans |
groummphh |
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par Jean-Christophe Courte
Préalable : Les
process de production ont énormément évolué en plus de 20 ans et le format de fichier qui fait désormais
autorité entre un client, son graphiste et l'imprimeur est incontestablement le PDF… Associé à un bon profil ICC et, en amont, lié aux outils de mise en page, le fichier acrobat (PDF) suffit tant aux échanges de corrections qu'à sa destination finale d'original pour l'impression en encapsulant tout, des images en haute résolution aux typographies utilisées dans le document… C'est un progrès fantastique dont on ne mesure pas toujours les gains en terme de productivité comme de confort… Ou de droit.
Pourtant quelques mauvaises habitudes persistent…
La plus courante est l'exigence du client ou de l'imprimeur d'obtenir les sources numériques du document réalisé. Ces pratiques appartiennent au siècle dernier, aux origines du numérique, à cette période où tout s'inventait sur le tas à chaque sortie d'une nouvelle version de logiciel ; où chacun y allait de ses propres règles pour
sécuriser son métier naissant…
En ce temps-là (les années 90), Acrobat était encore un format balbutiant ; le transfert de fichiers
via numéris peu répandu et, surtout, nous faisions tous appel à un prestataire clé — et désormais en voie d'extinction, le flasheur…! (photo pour mémoire, tout est parti à la benne…)
Entre l'imprimeur traditionnel (alors peu équipé informatiquement) et le graphiste numérique, il y avait cet intermédiaire de poids, celui dont le rôle essentiel était de transformer en films — quadri ou non — les créations préparées à l'écran… Or, comme je l'ai écrit plus tôt, tout était encore à inventer, chaque document représentait une nouvelle énigme à résoudre. Certains flasheurs avaient un talent incontestable, d'autres moins…!
À cette époque lointaine, fi du .pdf…! Il fallait nécessairement expédier à cette figure incontournable l'ensemble des documents numériques — fichiers, images, illustrations et typographies — pour qu'il les assaisonne à sa sauce, les incorpore à des
process que lui seul connaissait et qu'il forgeait, ajustait au gré de ses expérimentations, essais, échecs…!
Le dossier était alors copié sur un Syquest (…un système de disque dur amovible aux pilotes logiciels multiples qui donnait souvent des sueurs froides à toute la chaîne de production en refusant de monter au moment crucial…!) ou sur un Bernouilli (excellente technologie concurrente qui a pâti de son coût élevé malgré une robustesse sans failles…). Ensuite réserver un coursier et hop…! Ensuite…? Ensuite nous croisions les doigts en attendant son verdict…! Ceux qui étaient compétents prenaient peu de temps pour nous dire ce qui clochait mais au moins nous savions où intervenir et corriger. Les autres vous envoyaient paître, rassurés par la file sans fin de leurs clients…
Arrivé sur place et recopié sur le disque dur du flasheur ou directement extrait du Syquest, nous avions droit — parfois — à toute une série de dysfonctionnements qui allaient de la version non identique de l'application (PageMaker, XPress, RagTime, FrameMaker ou Word…) à la codification même des typos (les concepteurs du format NFNT n'avaient pas envisagé le foudroyant succès des polices numériques et certaines possédant le même numéro, des substitutions assez étonnantes avaient parfois lieu quand ce n'était pas la police courrier imprimée en majesté sur tous les films…!!) en passant par la version
expérimentale exotique du RIP utilisé (quelques mauvais souvenirs de dégradés sous Illustrator arrêtés, nets, en pleine course…). (Photos pour mémoire)
Bon, il y avait d'excellents flasheurs comme mon ami Pierre à la 13ème Heure — ou encore ScriptoLaser et bien d'autres — qui apportaient du savoir, de l'expertise raisonnée et m'ont permis de progresser… Mais dès les années 2000, Pierre a dû fermer son établissement, à la fois faute de clients et faute aux progrès de la technologie.
Une tradition française
Cette tradition bien hexagonale est d'intervenir systématiquement à des fins de contrôle dans un boulot totalement terminé. Le but officiel et tout à fait normal étant de
vérifier qu'il était correctement réalisé. Mais en ouvrant systématiquement
tous les fichiers, cette opération provoquait fréquemment des "glissements" dans l'ordre des choses du fait même des dysfonctionnements évoqués deux paragraphes plus tôt ! Cette habitude perdure chez les nostalgiques. Gênant quand ces derniers utilisent une version "n-1" de votre logiciel. Ou vous dénient toute capacité à leur apporter quelques bribes de votre propre expérience…!
À l'époque, j'avais opté pour l'envoi systématique d'un CD-Rom — appelé alors
juge de paix — en lieu et place de l'imprévisible Syquest. L'impossibilité de modifier les données gravées m'a permis — lors de certaines procédures en recherche en responsabilité demandées par mes clients — de prouver que la modification apportée en dernier lieu n'était pas de mon fait mais bien du dernier prestataire à avoir tripoté mon fichier, suivez mon regard.
Car en ce temps-là, le flasheur avait droit de vie ou de mort sur tout document numérique. Expert autoproclamé pour certains ; réelle expertise fondée sur une impressionnante expérience dont une trop rare continuité avec l'impression traditionnelle pour d'autres, leur décision était — dans tous les cas — sans appel…! J'ai vite coupé les ponts avec les rares illuminés persuadés que leur lumière éclairait sans faillir le monde digital qui s'annonçait.
C'était une époque passionnante où nous passions pas mal de temps à jouer les coursiers pour être sûrs que nos fichiers seraient traités rapidement. Et non repoussés d'heure en heure dans la longue file d'attente…! L'occasion de découvrir une nouvelle manip, traduire intelligiblement les paroles des oracles qui officiaient devant les flasheuses…! Mais aussi boire un verre, négocier les délais de paiement comme les coûts des cromalins. Ou aider au déchargement des boîtes de consommables livrées en double file…! Sans oublier des comportements un peu surprenants…! Combien de fois en repassant dans la salle des machines j'ai surpris des collègues en train de charger allégrement sur leurs syquests mes boulots, empruntant
confraternellement les typos que j'avais acquises…! (photos pour mémoire)
Aujourd'hui, Acrobat mène le bal…
Le client reçoit désormais un fichier haute résolution au format .pdf par courriel, FTP ou simple lien HTTP. C'est ce fichier certifié qui poursuit sa route jusque sur les plaques numériques de l'imprimeur en passant avant par les services de fabrication… Ce PDF fait office de BAT (bon à tirer), de réceptacle aux petites notes et points à modifier. Puis de fichier final CMJN. De fait, le PDF est la seule source à fournir au client sinon il s'agit d'une cession des sources numériques et cela n'a pas du tout le même prix… Enfin, le droit lié aux polices de caractère est respecté, les typos utilisées étant encapsulées dans le .pdf.
Pourtant…
Pour commencer, ce billet est bien la preuve que je n'ai pas suivi à la lettre les conseils éclairés de l'ami Marc qui m'écrivait dès juin 2008 ceci :
En vue d'une réponse au client, je te déconseille de développer à ce point. Primo il ne va pas suivre, deuzio il va prendre ça pour un manifeste de vieux baroudeur qui lui jette son expérience au visage. Je pense qu'avec les clients chiants ou mauvais coucheurs, il ne faut pas se gaspiller en plaidoiries. C'est trop passionnel, ça charge inutilement la relation. Pour ce genre d'interlocuteurs, une démonstration froide et laconique suffit amplement, du genre : La licence des fontes dont j'ai fait l'acquisition exclut expressément tout transfert au client final, transfert qui nous exposerait l'un et l'autre au délit de contrefaçon. En guise de compromis, je vous propose de vous remettre les sources vectorisées.
En effet, certains cas font de la résistance en toute mauvaise foi et oublient — du coup — qu'ils ne sont pas dans la légalité… À croire que ce panneau affiché dans InDesign lors de l'opération d'assemblage n'est pas assez explicite…!
Pour récupérer les sources, la procédure est toujours la même. Un courriel
comminatoire rédigé avec une
apparente bonhomie mais sans la moindre explication technique tout en invoquant l'urgence (…comme si un graphiste indépendant et travaillant chez soi n'était pas foutu de livrer en temps et en heure les ultimes corrections
via internet…!).
Appropriation non fondée…
En effet, quand vous avez réalisé un document à 100 %, en être dépossédé à la dernière seconde pour d'obscures raisons au vide argumentaire abyssal est particulièrement frustrant et infantilisant. Comme vous ne souhaitez nullement planter le client avec qui vous avez travaillé, vous cédez pour ne pas compromettre les étapes suivantes dont, la plus cruciale, la sortie du document imprimé…!
Hormis le fait patent que la licence des fontes dont j'ai fait l'acquisition exclut expressément tout transfert au client final, transfert qui nous exposerait l'un et l'autre au délit de
contrefaçon (…argument massue qui n'ébranle jamais ces individus qui, parfois, œuvrent dans des entreprises d'édition où le droit d'auteur est la règle — notez l'incroyable contradiction…!), elle émiette sérieusement l'indispensable confiance qui devrait régner.
Si le .pdf fourni s'avère truffé d'erreurs à la dernière seconde, il est bon de se poser un certain nombre de questions méthodologiques :
• Comment se fait-il que ces erreurs n'ont pas été décelées en amont ;
• Corollaire : à quoi servent les nombreux BAT au format PDF échangés ;
• Pourquoi ne pas avoir transmis ces remarques fondamentales plus tôt…?!
• Comment permettre au graphiste de se corriger/apprendre si personne n'a la capacité/le temps/l'envie de lui indiquer ces erreurs si formidables qu'elles conduisent à exiger et remanier en interne le document réalisé…?!
• Second corollaire : est-il utile de continuer à travailler à terme avec un prestataire aussi minable…?!
• Enfin, l'argument ultime et brutal — on a toujours fait comme ça — n'est pas recevable… En ce cas, il est grand temps de revenir à la lampe à huile, abandonner le .pdf et exiger les maquettes sur du papier baryté avec lettres transfert placées au brunissoir…!!
Des solutions simples existent…
Il suffit que le client transmette d'emblée ses propres règles et anathèmes (…allergie totale aux ligatures, à l'italique ; refus des césures ; aversion aux capitales accentuées, etc.), sa charte graphique, la liste des typographies souhaitées car il en possède les licences ; ses logotypes en haute définition ; la liste des couleurs
corporate de son entreprise, etc. Ces contraintes étant clairement posées, plus de souci pour produire dans ce cadre explicite même si cela soulève d'autres questions…!
Pour finir, je ressens dans ces tentatives d'infantilisation un prolongement des pratiques du siècle dernier. Vu le sort réservé aux experts d'alors, je serais, pour ma part, assez méfiant…!
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le 29/07/2008 à 06:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
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