
600 mm : la nuit des longs... télés.Dans |
photographie |
signé laurent |
par Laurent Thion
D3s - ISO 800 - 1/6 - f/4
Voilà : le soir tombé, la fonction de réduction de vibration en mode "tripod" va enfin pouvoir servir.
A priori prévu pour être utilisée sur la plage de temps de pose situés entre le 1/15 et 1 seconde, le système VR se contente "bêtement" de réduire au maximum toute vibration émanant du vent ou du trépied, sans chercher à détecter un quelconque mouvement volontaire de suivi du sujet. Mais ce n'est tout de même pas une raison pour ne pas chercher la meilleure solution "hardware" de stabilisation.
D3s - ISO 1600 - 1/3 - f/8
Tentative N°4 : la rotule micrométrique
Manfrotto 405
Puisqu'il n'est plus question de suivre quoi que ce soit, mais seulement de cadrer parfaitement, l'emploi d'un quatrième type de tête peut s'avérer judicieux (voir
l'épisode précédent). J'ai opté pour le modèle micrométrique
405 de Manfrotto. Cette tête est la grande soeur de la 410
déjà évoquée dans ce billet et est sensiblement différente bien que fonctionnant sur la même principe de vis sans fin tournant autour d'un engrenage. Elle supporte une charge supérieure (7,5kg contre 5kg pour la 410), est munie de trois niveaux à bulle et est d'un maniement encore plus agréable, tout cela au prix d'un poids et d'un encombrement non négligeable.
L'avantage énorme de cette rotule est qu'il suffit de la régler et puis c'est tout. Pas de blocage qui modifie souvent le cadrage. Les molettes crantées permet le déplacement rapide (par débrayage de la vis par rapport à l'engrenage) et les embouts lisses assurent la rotation fine. C'est vraiment idéal lorsque la précision est absolument requise au niveau du cadrage et parfait avec une très longue focale.
D3s - ISO 200 - 1,5 sec. - f/8
Bon, la chasse aux vibrations reste ouverte toute la nuit. Même si le système VR de l'objectif fait, sinon des merveilles, au moins un excellent travail, il est nécessaire de s'octroyer un maximum de chances pour rapporter des images nettes.
VR et retardateur - utilisation conjointe du mode de temporisation du miroir
Chapitre dédié aux étourdis qui n'ont pas leur télécommande dan le sac. Utiliser le retardateur est effectivement une solution de dépannage, si l'on est pas trop exigeant sur l'instant précis du déclenchement.
Il existe sur les D3s un mode de déclenchement particulier, accessible
via le menu d8 "temporisation miroir levé" qui décompose automatiquement en quatre phases la prise de vue, dès après une pression sur le déclencheur.
- 1 relevage du miroir
- 2 attente d'environ 1 seconde, le temps que les vibrations s'atténuent
- 3 ouverture de l'obturateur
...........temps de pose........
- 4 fermeture de l'obturateur et redescente du miroir
Ce mode est utilisable à toutes les vitesses d'obturation et lors de déclenchements avec une télécommande. Il est aussi compatible avec le mode de déclenchement par retardateur, car il opère à la fin du délai d'attente, juste avant la prise de vue proprement dite. Il est donc plus sûr d'employer ces deux modes conjointement vu qu'ils sont disponibles dans l'appareil.
Le système de réduction de vibration de l'objectif est alors actif dès la pression sur le déclencher, puis s'arrête rapidement pendant le décompte, pour se réactiver au moment effectif de la prise de vue. Ce n'est pas complètement idéal car le redémarrage des moteurs du stabilisateur s'effectue juste avant le déclenchement sans anticipation du mouvement à effectuer pour contrer les vibrations.
D3s - ISO 200 - 1sec. - f/8
VR et miroir relevé
Là, l'emploi d'une télécommande filaire, radio ou infrarouge est requis. Une première pression relève le miroir, et la seconde déclenche l'obturateur. C'est donc au photographe d'estimer le temps requis pour une atténuation correcte des vibrations. Le système de réduction des vibrations est alors actif sans interruption entre les deux pressions sur le déclencheur de la télécommande, puis pendant la prise de vue, ce qui augment considérablement les chances de récupérer des images sans flou de bougé.
Manfrotto 405 et panoramique
Non, ne vous fiez pas à ce titre parfaitement mensonger, la Manfrotto 405 n'est pas une tête panoramique au sens propre du terme, mais avec un 600mm, il ya pas mal de tolérance au niveau de la position de rotation de l'objectif. Si votre pied est bien à niveau, un balayage horizontal est possible. Le tout est de ne pas trop traîner en raison de la vitesse à laquelle bouge la lumière au crépuscule...
D3s - ISO 1600 - 1/4sec. - f/8 -> assemblage de 20 vues - cliquez dans l'image
Voici donc la fin de ces quelques retours d'expérience avec le nikkor 600mm f/4, essentiellement basés sur la problématique d'utilisation de différents supports existants.
Un dernier billet sera consacré au couplage 600mm - D3s, à quelques considérations sur le rendu optique de cet exceptionnel objectif et aux limites pratiques d'utilisation.
À suivre
Autres produits Nikon chroniqués par Laurent sur urbanbike…
Note de la rédaction :
Laurent est l'auteur de deux livres de cas pratiques, le premier sur le Nikon D3 et le second sur le Nikon D300, deux ouvrages parus chez First.
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le 17/05/2010 à 01:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion |
600 mm : comment se prendre la (bonne) tête ?Dans |
photographie |
signé laurent |
par Laurent Thion
Comme énoncé dans
l'épisode précédent, le problème du choix d'un pied photo pour une utilisation conjointe avec le 600 mm est assez vite réglé. La sélection se porte sur un modèle susceptible de supporter une dizaine de kilos, voire plus. J'utilise personnellement deux modèles Gitzo : un vieux modèle de série 4 (référence 416, en alu, 4 sections, qui a un énorme avantage au niveau de son faible encombrement replié) et le plus grand modèle disponible, en carbone( GT5560SGT, six sections). Ces deux exemplaires sont "motocompatibles" car leur taille repliée st inférieure à la largeur des rétroviseurs. Bref, tout trépied costaud peut faire l'affaire.
N'oublions pas que l'idée est d'utiliser le 600mm en suivant le sujet qui est susceptible de se déplacer. La tête doit donc être débloquée afin de permettre le mouvement et la réduction de vibration de l'objectif sera réglée sur "normal" et pas sur "tripod".
Tentative N°1 : la rotule standard.
Manfrotto 468MGRC3
Bien que de belle dimension, d'excellente facture et munie de réglages de frictions et d'une molette de blocage hydrostatiques, cette
Manfrotto 468MGRC3 en magnésium n'est pas d'un emploi idéal avec un très gros téléobjectif. En effet, l'axe de rotation est situé en bas par rapport au centre de gravité de l'ensemble appareil-objectif et si la friction est réglée trop lâche, l'ensemble à tendance à basculer. Si l'on augmente la friction, les déplacements s'effectuent moins facilement.
Si le sujet est relativement lent, on peut encore s'en sortir...
... le cadrage devient vite aléatoire dès que les choses accélèrent !
Tentative N°2 : la rotule pas vraiment standard.
Gitzo GH5380SQR
Se fixant soit sur une embase classique, soit directement au pied pour les Gitzo série 3-4-5, cette rotule originale
Gitzo GH5380SQR offre l'avantage de réduire la distance de rotation du centre de gravité de l'objectif. De plus, une seule commande située sur la partie mobile sert non seulement à régler la friction mais aussi à bloquer fermement la rotule. Le maniement est assez intuitif et est plus pratique que la rotule "classique" décrite précédemment. Néanmoins, cette tête est limitée au niveau de l'angle d'orientation (maxi 28,5°) et ne permet pas le cadrage vertical. Ce n'est absolument pas un problème si c'est bien l'objectif et non le boîtier qui est fixé dessus vu que c'est le collier de fixation de l'optique qui permet de passer de paysage en portrait et réciproquement.
Meilleure maîtrise du cadrage, en partie due à la bague de blocage placée sur la partie mobile de la rotule...
Finalement, les rotules ne sont pas vraiment adaptées pour faire du suivi de sujet avec une longue focale. En effet, lorsqu'elles sont débloquées, l'appareil est effectivement libéré, et même un peu de trop. Il a tendance à prendre du gîte et il est assez rare d'obtenir des horizons bien... horizontaux. C'est déjà assez compliqué de suivre le sujet pour faire en plus attention au niveau.
Compataison des hauteurs de travail entre les deux modèles de rotules décrites ci-dessus.
Tentative N°3 : la rotule spéciale faite tout exprès pour les gros téléobjectifs rien que pour eux exclusivement.
Tête Gimbal. Non, elle n'est pas cassée.
Là, tout est impeccable. Le système est conçu de manière à déporter les axes de rotation à l'intérieur même de l'objectif, voire à l'emplacement exact du centre de gravité de l'ensemble !
La voici entière et en action. Si elle est bien réglée, l'appareil reste en parfait équilibre, même lorsques les molettes de serrage sont entièrement dévissées.
Cette tête Gimbal, fabriqué par Custom Brackets et distribuée par
MMF est parfaite. Elle ressemble de loin à une tête panoramique et les réglages permettent de l'adapter à la plupart des modèles récents de téléobjectifs. Elle se démonte entièrement et le seul blocage qui ne doit pas être déréglé (la hauteur de l'axe de rotation horizontal qui doit passer par le centre optique) nécessite justement une action particulière pour le changer. L'ensemble des vis et blocages est imperdable, même si l'on a oublié de serrer un papillon ou une molette avant le transport. Les axes de rotations sont sur roulements à billes et peuvent être précontraints individuellement pour en augmenter la friction. C'est donc un produit extrêmement bien pensé et fabriqué sur lequel on n'hésites même pas une seule seconde à fixer dessus du matériel très coûteux !
Les grosses molettes caoutchoutées sont là pour bloquer les deux mouvement. Les petites règlent la friction des axes.
Pour utiliser cela sereinement, il convient de bien régler le trépied à l'aide de la bulle : ceci garanti le bon niveau pour l'ensemble des photos (sous réserve d'orienter correctement l'objectif dans son collier de fixation). L'emploi d'un bol ou d'une base de mise à niveau risquerait à mon sens de nuire à la stabilité globale. Aussi, j'ai pris la patience de régler le niveau à l'ancienne, à l'aide des tubes télescopiques du trépied.
Ensuite, on fixe l'objectif muni du plateau rapide et le tour est joué, si on a pris le temps préalablement, au calme, de régler l'ensemble de la tête.
On peut lâcher le tout sans risque, les six kilos tournent en tout sens et de manière parfaitement fluide. Le vent se charge même parfois de transformer le tout en girouette si rien n'est bloqué, tant les roulements sont fluides !
Dès lors, seuls deux axes sont utilisés pour les rotations : vertical et horizontal (et que l'on peut bloquer individuellement). Les photos obtenues sont alors bien d'aplomb, même si l'on suit son sujet.
Hop, bonne maîtrise du cadrage, même si cela reste sportif avec un 600 mm.
Pensez à toujours activer le réducteur de vibration en mode "normal". Le système embarqué dans l'optique sera en mesure de détecter si vous faites un filé (suivi du sujet) ou si vous avez la tremblotte. Et corrigera en conséquense.
Bon, tant qu'il est question de photographier de jour et en tenant l'appareil, la tête Gimbal fait vraiment la différence. Mais hélas, même bien bloquée, le porte-à-faux, conséquence directe de ce type de fabrication, ne favorise pas la disparition des vibrations. Il faut donc encore trouver une autre solution pour utiliser au mieux toutes les potentialités du nikkor 600 mm f/4 en photo de nuit...
À suivre
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Note de la rédaction :
Laurent est l'auteur de deux livres de cas pratiques, le premier sur le Nikon D3 et le second sur le Nikon D300, deux ouvrages parus chez First.
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le 12/05/2010 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion |
600 mm : un objectif "insupportable" !Dans |
photographie |
signé laurent |
par Laurent Thion
D3s - ISO 800 - 1/180 - f/5,6
Vous l'avez compris à la lecture du
billet précédent, sans support digne de ce nom, c'est pratiquement impossible de prendre des images correctes avec une telle optique, même avec le réducteur de vibrations intégré. En effet, c'est la précision du cadrage qui pose le plus de problème. À la limite, on peut s'autoriser une ou deux images mais la tétanisation du bras gauche arrive extrêmement vite. On récupère quand même souvent des images nettes mais généralement mal cadrées. Il faut donc envisager l'emploi permanent, soit d'un bon monopode, soit d'un gros pied. Soit les deux !
Cela tombe bien : la tenue de route est meilleure lorsque l'on est bien chargé !
Avec un monopode
Monopode Manfrotto 680B + rotule 498RC2 utilisés pour ces images
C'est la solution la plus légère (bien que ce terme soit relatif compte tenu du poids du matériel à soutenir) et la plus rapide à mettre en service. Bref : l'idéal pour tirer le portrait à l'approche de bestioles en tout genre. On préférera le pied pour les longues séances d'affût.
Une rotule reste indispensable même si les mouvements sont restreints (le cadrage vertical s'obtient par rotation directe de l'objectif dans sa bague de fixation au pied). Comme tout le reste, avec ce matériel hors normes, choisissez un modèle plutôt costaud, avec un réglage de la friction en plus du blocage complet.
Groummphh, comme dirait quelqu'un... D3s - TC17II - ISO 800 - 1/350 - f/6,7
La commande autonome des mouvements panoramiques horizontaux n'est pas obligatoire. Dans le feu de l'action, et grâce à l'excellent fonctionnement de l'autofocus, on a la main gauche sur la commande de blocage de la rotule et l'index droit sur le déclencheur. C'est sûrement plus compliqué avec un zoom qui nécessite une action sur la bague de variation de focale.
Vous remarquerez que l'on ne passe pas inaperçu avec un 600 mm, même en pleine forêt. D3s - ISO 800 - 1/180 - f/5,6
Cela demeure tout de même assez approximatif au niveau du cadrage notamment pour photographier bien droit, mais en forêt ou à la campagne, c'est passable... On réglera alors le petit curseur de sélection de mode de réduction de vibration sur "normal".
Avec un pied
D3s - TC17II - ISO 2 200 - 1/500 - f/6,7
C'est tout de suite plus confortable une fois bien installé et calé à niveau. Sauf que, pendant la préparation, le gros gibier a largement le temps de disparaître. On réservera cela aux photos de moineaux, mais pas uniquement, heureusement.
Néanmoins, le pied ne fait pas tout : le choix d'une rotule est particulièrement important avec un 600 mm.
À suivre...
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le 3/05/2010 à 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion |
Complétez votre équipement.Dans |
photographie |
signé laurent |
par Laurent Thion
Voilà, c'est probablement pendant que j'étais en train de prendre cette photo, au monopode, tout concentré à ma tâche, qu'un certain JC en a profité pour m'emprunter le
Gitzo GT3320BS que j'avais également apporté ce jour-là !
Et, si j'ai bien compris, je ne risque pas de le revoir avant longtemps, surtout que ce même JC s'est réfugié carrément sur une île pour être bien certain que je lui cavalerai pas après ! Du coup, j'ai décidé, à la place du pied, de vous parler d'un autre accessoire photo incontournable, trop peu souvent cité, et que tout photographe amateur ou professionnel se doit de posséder en permanence au fond de son fourre-tout, son sac à dos ou sur son vélo pliant...
Non, ce n'est pas la poire en caoutchouc, ni la pièce de monnaie pour dévisser les plateaux rapides, ni la télécommande filaire...
C'est,
c'est...
Mais oui, bien sûr ! C'est le
Nikkor 600mm f/4 ED VR AF-S !
Pour éviter les changements intempestifs de boîtiers et d'objectifs (là, on monte l'appareil sur l'optique, et pas l'inverse !), je vous conseille de l'agrémenter, dès le départ et en permanence, de l'excellent Nikon D3S car on croirait presque qu'ils sont faits l'un pour l'autre (toutes les images présentées dans ce billet (et les suivants) sont réalisées avec cet ensemble, nous y reviendrons). L'ensemble dépasse les 6,3kg et se laisse oublier au fond du sac photo, prêt à bondir au moindre besoin.
Enfin, preque...
Il s'agit là d'une superbe optique qui continue d'époustoufler (et d'essouffler aussi, d'ailleurs) même après plusieurs milliers d'images réalisées avec.
On peut se servir de cet objectif pour la chasse aux grands fauves...
... et même y ajouter un multiplicateur de focale (quand c'est dangereux pendant la chasse aux souris), en l'occurrence le TC17II, ce qui donne une focale résultante de 1 000mm. Ci-dessous, une photographie réalisée avec TC17II à la distance minimale de mise au point AF (5 mètres en autofocus, 4,8 mètres en mise au point manuelle).
Recadrage à 100%
À noter : le commutateur du mode de fonctionnement du stabilisateur d'image, que l'on retrouve sur le 500mm f/4 et 400mm f/2,8 de la marque.

Le mode "normal" inclus en fait l'usage sur monopode et sur pied avec une tête non bloquée afin de suivre le sujet, vu la quasi impossibilité de travailler à la main levée avec un tel objet. Le mode "tripod" ne concerne que le traitement des vibrations résultant d'une utilisation sur pied mais sans mouvement de l'objectif pendant la prise de vue.
L'autofocus est particulièrement réactif. Je suis allé faire quelques essais en vraie grandeur sur les gros oiseaux, juste la veille d'une récente éruption volcanique...
Désolé de traiter, sur cet excellent blog, des petits accessoires
lowcoast*, surtout en ces temps de crise financière, mais il en sera ainsi tant que je n'aurai pas récupéré mon pied GT3320BS (qui supporte, en passant, jusqu'à 18kg, ce qui le rend parfaitement utilisable avec le 600mm + D3S). Na ! :-)
*dépêchez-vous si vous voulez acheter plusieurs 600mm, les 60 jours Nikon se terminent le 15 mai.
Pied GT3320BS + rotule GH5380SQR
Et sur quoi je pose cet objectif, maintenant ?
À suivre...
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le 27/04/2010 à 09:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion |
Scheimpflug toujours en pleine forme...Dans |
photographie |
signé laurent |
par Laurent Thion
On s'en serait douté, c'est donc bien en studio et en utilisation basculée que ce 45 mm démontre ses remarquables capacités à contrôler l'image. Très justement placé entre le 24 et le 85 mm, cette focale permet une bonne exploitation de la capacité de bascule et de décentrement, qui sont les même sur les trois objectifs disponibles actuellement chez Nikon, soit + ou - 8,5 degrés et + ou - 11 mm (capacité directement limitée par la construction mécanique du dispositif commun aux trois produit).
Le "reproche" qui intitulait (ironiquement) le
billet précédent s'avère être un avantage en studio. En effet, le 24 mm englobe beaucoup plus de champ et le simple fait de se rapprocher du sujet ne suffit pas à "gommer" le rendu caractéristique d'un grand angulaire, bien au contraire. Le 45 mm permet d'avoir une bonne distance de travail sur les grands objets et de restituer des fuyantes naturelles. De plus, les possibilités de rattraper la netteté en basculant sont supérieures au 85 mm, que l'on réservera à la photographie d'objets plus petits.
Utilisation classique
C'est théoriquement ainsi que l'on utilise la
loi de Scheimpflug qui permet d'obtenir une netteté sur l'ensemble d'un sujet non parallèle au plan focal. Rappel : cette fonction n'augmente en aucun cas la profondeur de champ.
Bascule à fond + décentrement vertical. D3 - f/8 - 1/15 sec ISO 200
Détails à 100%
Contre emploi
Ce 45 mm est égalment capable de reproduire un objet plan sans déformation ni flou, dès lors que cet objet est parfaitement parallèle au capteur de l'appareil. A priori, c'est ce qu'est censé faire tout objectif digne de ce nom.
Non basculé ni décentré. D3 - f/5,6 - 1/30 sec ISO 200
La bascule peut alors être utilisée à l'inverse pour incliner le plan de focalisation par rapport au sujet. On obtient alors ceci : un objet non déformé par les fuyantes et net sur une seule zone.
Bascule à fond. D3 - f/5,6 - 1/30 sec ISO 200
Un spécialiste polyvalent.
On privilégiera l'emploi du 45 mm pour le packshot d'objets, la reproduction de documents ou de tableaux (en particulier grâce à sa très faible distorsion), les vues de détail en architecture, les œuvres d'art... et pour tout un tas de cas auquel on ne pense pas spontanément.
Bascule subtilement réglée . D3 - f/8 - 1/45 sec ISO 200. C'est net partout.
Détails à 100%. Tiens, Blue Note a 70 ans cette année !
Décentrement seul, sculpture de François Stahly. D3 - f/16 - 1/2 sec ISO 200
Décentrement seul, toile de Marie Thurman. D3 - f/11 - 1/4 sec ISO 200
Décentrement seul, détail de la maison de Kiso. D3 - f/8 - 6 sec ISO 200
Cet objectif est un paradoxe : en théorie, on pense n'en avoir aucune utilité, mais on est amené à s'en servir énormément dès lors qu'on l'a sous la main. C'est donc un véritable outil de travail, quasiment irréprochable. Seul l'encombrement et le prix font un peu d'ombre au tableau...
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le 6/04/2009 à 06:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Laurent Thion |
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