Un questionnaire de Joël Ronez
par Jean-Christophe Courte
Sébastien Bailly (auteur et blogueur — mais plus que cela…!) m’a demandé de répondre à ce court questionnaire qu’il m’a fait parvenir par courriel ce matin. Questionnaire auquel à répondu également Joël Ronez…
Bon, je ne connais ni Joël ni l’équipe de JAM, juste Sébastien que j’ai eu une fois au téléphone mais pourquoi pas…?!
Alors, hop, j’ai pris quinze minutes…
#1 - Quand et quelle est votre prochaine prestation facturée ?
C’est au fil de l’eau, j’ai des missions qui ont démarré il y a plus de six mois, des plus récentes qui se terminent également. Bref, ces opérations sont facturées dès que j’ai livré les derniers fichiers via internet. J’utilise pour cela des bases que j’ai concocté sous FileMaker Pro et qui m’indiquent ce qui a été achevé ainsi le temps passé. Cette dernière info me permet de me rendre compte des jobs chronophages car je travaille à 95 % sur des bases forfaitaires… Snif !
#2 - Pour quelle raison reprendriez-vous une activité salariée classique ? Qu’est-ce qui vous manquerait le plus ?Aucune !
Même si rien n’est assuré pour les semaines ou mois à venir, même si mon business est précaire dans un univers lui-même en pleine mutation, je préfère dix mille fois être indépendant sans parachute ANPE et compagnie. Les horaires de bureau, les conflits au boulot et les transports quotidiens, j’ai donné pendant 25 ans. Non merci.
#3 - Que fait un professionnel autonome l’été alors que ses clients sont à la plage ?Mais je bosse même en vacances, je ne sais pas m’arrêter… Je profite de la période de grosse chaleur entre 12 et 17 heures ou de la fraîcheur du matin pour rédiger un billet, finaliser des projets, peaufiner mes connaissances sur telle ou telle application et répondre aux urgences de mes clients… Le reste du temps, j’accompagne ma petite famille et je respire de grandes goulées d’air chargées d’embruns — où d’ozone — selon l’endroit où je me trouve…!
#4 - Décrivez votre principal outil de travail sans citer son nom.C’est un gros fruit argenté — que l’on trouve, dit-on, en Normandie (sauf que dans ce cas, cela m’étonnerait que l’on en tire du Calva même avec le meilleur alambic du monde…!) — avec deux écrans, une souris à un bouton, un clavier et une connexion à internet. Hormis cette station de travail, j’utilise aussi un appareil photo numérique particulièrement canon pour emmagasiner des images !
#5 - Finalement, tout serait parfait si……Si j’avais plus de temps pour m’occuper de ma santé, marcher, faire un poil de sport (et perdre du poids, d’autant que les conseils sont là)… Mais je connais des activités bien plus pénibles pour les avoir exercées en intérim pendant mes années d’études. Alors je ne vais pas sangloter sur mon sort de travailleur à la maison… D’ailleurs tout ceci a été décrit dans le livre que nous avons écrit avec Lukino (pub, pub, pub…!)…
# | 27/07/2006 | 17:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Pour éviter ces embouteillages là…
par Jean-Christophe Courte
Cela fait désormais plus de 18 mois que je bosse à 100 pour cent chez moi. Auparavant, je partais aux heures blêmes pour gagner Paris premier arrondissement. Si je prenais la voiture, il fallait impérativement que je sois sur la route avant sept heures moins le quart pour ne pas me retrouver coincé dans la circulation. Avec l’augmentation progressive des embouteillages en vingt ans, j’ai opté pour la solution train + vélo. Sauf que le retour par le RER C vers 23 heures, même avec un vélo pliable et la journée de stress, c’était pas le plus agréable. Près de 15 heures loin de chez soi chaque jour, avec souvent des retours au bureau le week-end pour finaliser des jobs en cours…
Mais la situation semble avoir sérieusement empirée comme le décrit ce papier de Libération…
Conclusion sans appel : Après 14 heures au volant, 140 kilomètres au compteur, l’impression est mitigée. Paris, finalement, roule plutôt bien. Les ennuis sont ailleurs, dehors, sur l’anneau de l’A86. En banlieue. Au fil des aménagements, les embouteillages se sont éloignés de Paris à la manière des ronds dans l’eau.
Exact, la A86 passe pas très loin de chez moi et j’entends le grondement du trafic très tôt avant de me lever… Bref, ceci pour recommander à certains décideurs de lire notre petit livre et de réfléchir à la possibilité pour certains de leurs salariés de bosser un peu chez eux. Vu le temps gagné, l’argent économisé, la pollution et le stress évités, ce n’est pas un mauvais plan, non ? Mais attention, comme nous l’avons écrit, tout le monde n’est pas apte. Mental d’acier obligatoire.
Pour en savoir plus ou le commander.
# | 2/04/2006 | 09:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Au sec et ailleurs !
par Jean-Christophe Courte
Un lecteur de feu macDigit insistait en commentaire de l'article sur les sauvegardes sur l'idée de bien avoir sa sauvegarde ailleurs que dans la pièce de travail… Hummmmm ! Je n'avais pas réagi car ce n'était pas le cas jusqu'à aujourd'hui. Mais l'opération était en cours.
De fait, j'ai acheté une petite mallette en alu avec une centaine de poches en plastique qui fonctionnent comme des dossiers suspendus et contiennent deux galettes chacune… Du coup, je me suis rendu compte en rangeant une version de chaque galette dans cette boîte que certaines manquaient (mais tout existait — heureusement — sur Disque dur et rigoureusement stuffité…)…
Bref, j'ai gravé les CDs ou DVDs manquants, rangé dans l'ordre dans cette petite mallette et je peux enfin déclarer solennellement (même si tout le monde s'en moque :-) que cette suvegarde est aux antipodes de mon bureau…
Ce n'était pas un mal de tout remettre d'équerre… Certes, ces galettes n'ont pas une durée de conservation fabuleuse mais j'essaye de faire le maximum pour archiver mes jobs. Puis placez la boîte dans un endroit sec et frais, à l'abri de l'humidité et du soleil.
Dominique ajouterait deux très bons conseils comme celui de graver à des vitesses assez basses et, surtout, de le faire sur de très bons supports. Car, comme pour n’importe quel produit, vous avez des supports bas de gamme pas chers. À éviter.
# | 21/02/2006 | 09:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
De 100 Ko à 100 Mo par mission en 15 ans
par Jean-Christophe Courte
Suite à un commentaire de Tony en réaction au billet de Stéphane, j'ai rapidement ouvert à nouveau mon fidèle Tri-Catalog. Mercredi matin, on m'a demandé de retrouver deux couvertures réalisées entre 1992 et 1994… Et cet événement m'a rappelé une situation étrangement proche vécue en 2001…! (Voir article suivant)
Ouf, je les ai retrouvées (du pur Illustrator) mais à l'époque, je n'avais aucune vision sérieuse du cataloguage et de la sauvegarde. Pire, j'utilisais un nommage plus que sommaire de mes fichiers.
La réelle problématique des 10 prochaines années dans mon job est la conservation et le cataloguage de tous mes fichiers.
Aujourd'hui, graphiste, je me trouve désormais face à 172 volumes de sauvegarde (CD-Rom et depuis un an, DVD), gravés en deux exemplaires et représentant un volume total de 3123797 Mo (merci Tri-Catalog).
Tout ceci pour 176210 fichiers. Mais entre les fichiers d'il y a 15 ans (100 Ko le fichier MacDraw moyen pour une présentation) et un simple projet de couverture aujourd'hui qui avoisine les 50 à 100 Mo, il y a un gouffre ! Alors, oui, il y a des doublons de dossiers, mais pas mes photos numériques qui sont sauvegardées à part sur deux disques de 240 Go.
Comme je persiste à penser que le CD-Rom n'est pas la panacée, je sauvegarde tous mes volumes sources d'une manière un peu particulière. Chaque volume est stuffité, donc compressé et placé dans un dossier sur deux autres gros disques firewire…
Comme mes archives de travail gonflent chaque année, que la probabilité pour que mes disques durs me lâchent augmente fortement au bout de 24 mois, tous les deux ans, j'investis dans deux nouveaux disques durs plus volumineux. Du coup, j'ai quelques disques de 80 ou 120 Go que je conserve dans un coin mais qui ne sont plus opérationnels qu'au cas pas cas…!
Si vous avez bien compté, j'ai donc deux sauvegardes actives sur disque et deux sauvegardes "mortes" sur CD ou DVD. Sans oublier deux disque miroirs de ma machine de travail. C'est à ce prix que je dors relativement tranquille…
# | 17/02/2006 | 09:40 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
La sauvegarde, c'est tout un art
par Jean-Christophe Courte
Après deux gros séismes dans mes données, j'ai fini par consacrer quelques minutes quotidiennes à la duplication de mon travail. Question d'hygiène et de santé mentale ? Oui, et de bon sens aussi.
Voici quelques jours, un client éditeur de son état me passe un coup de fil : « Dis ! tu n'as pas conservé les sources du livre de Christian H. ? Tu sais… » Un ouvrage que j'avais mis en page en 1995 ! L'auteur ayant perdu son original, l'éditeur sa copie des fichiers, il me restait à plonger dans mes archives. Horreur !
Des copies des productions de mon équipe, j'en ai des tas, littéralement : ils prennent de la place et du volume au bureau. Dire que tout est homogène et correctement sauvegardé, ce n'est vrai que depuis deux ans. Avant, c'était poétiquement géré dans l'urgence.
Mes premières sauvegardes datent de 1984 : des disquettes 400 Ko simple face, des 800 Ko par la suite, suivies par des double face de 1,4 Mo. J'en ai des tiroirs entiers, des boîtes désormais couvertes de poussière. À l'intérieur, des disquettes aux étiquettes bien calligraphiées, en deux exemplaires, les suicides de floppy n'étant pas rares à l'époque.
Après, j'ai succombé aux Bernoulli Box. Des quasi disques durs d'une fiabilité fabuleuse qui ne m'ont jamais lâché, contrairement aux Syquest en vigueur dans la PAO. J'en ai eu aussi, il fallait bien être compatible avec ses confrères et fournisseurs. Que celui qui n'a pas perdu de précieuses données à cause des Syquest me jette la première cartouche !
Le Bernoulli c'était la Rolls, même en terme de prix. Je me souviens avoir fait blanchir quelques cheveux à des clients en extrayant la galette de mon lecteur, en la balançant par terre et sur le mur, puis en la réintroduisant dans mon Macintosh. Succès assuré. La même démo avec un Syquest tournait court ! Malheureusement après la version 90 Mo, le support Bernoulli, fiable (trop fiable) et inusable a disparu des magasins.
J'ai pris alors des cartouches à bandes grand format, assez instables et au lecteur capricieux, puis des bandes DAT qui emmagasinaient trop lentement 2 Go sur des cartouches 4 mm DDS de 90 mètres. En remplacement, je suis passé au JAZ, très fiable également et toujours en activité 6 ans après. Mais rapidement, l'évidence a été de graver des CD-ROM d'archive.
À cela deux points atouts nouveaux : fournir un CD n'est pas coûteux, surtout comparé aux innombrables ZIP, Bernoulli ou Syquest passés aux profits et pertes. Ensuite, en cas de problème, le CD non reinscriptible sert de juge de paix sur un job, pour départager les responsabilités. Depuis, les back-up sont simples, rapides, facilement doublés voire triplés (d'où ma colère quand le prix des CD-R a monté) et archivés dans des lieux séparés. Mieux, retrouver des fichiers est un jeu d'enfant avec un logiciel comme Tri-Catalog.
Et le bouquin de Christian H. ? Compte tenu de l'époque, il était forcément sur l'une de ces centaines de bandes DAT. Il m'a d'abord fallu trouver sur le net une version du pilote à peu près à jour et compatible avec mon système. Puis j'ai grillé un week-end à tester des dizaines et des dizaines de DAT. 90% des bandes sont maintenant dans mon garage prêtes pour décorer le prochain sapin de Noël. Et, chance infime, j'ai fini par débusquer les fichiers tant convoités.
Mais je garde un drôle de sentiment après ce week-end. En près de 17 ans, j'ai accumulé des centaines de gigas de données. Et aujourd'hui ? Elles sont soit totalement illisibles, la faute aux supports vieillissants ; soit inutilisables, les lecteurs et leurs constructeurs ayant rendu l'âme. Il ne me reste qu'à monter le Musée des fichiers inutiles… j'ai toute la matière première à portée de main !
Écrite en Mars 2001 à la demande de Michaël Thévenet (alors rédacteur en chef) pour 01.net
NB : toutes les bandes DAT sont passées à la benne depuis l'écriture de ce papier.
# | 17/02/2006 | 09:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
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