Quid de Markdown ?
par Jean-Christophe Courte
Cela fait quelques semaines que j’ai téléchargé iBooks Author, la seconde version de cette application de traitement de texte gratuite éditée par Apple et je n’avais pas encore eu le temps de double-cliquer dessus !
Ce que je retiens avant tout de l’annonce de cette nouvelle version reste :
- la possibilité d’employer des typos autres que celles proposées par Apple,
- le choix désormais de l’orientation de la mise en pages, mode portrait ou mode paysage.
Se souvenir que cette application vous propose de réaliser et appliquer aisément une mise en forme très précise. Mais ce au prix d’une méthodologie traditionnelle :
- Préparer ses maquettes de texte courant
- Tous les formats styles paragraphe et caractères en cascade (folios y compris) qui sont moteurs (d’où mon enthousiasme à l’idée d’employer mes propres typos)
- ne pas oublier les maquettes alternatives…!
Reste ensuite à placer le texte…
Trois méthodes s’offre à l’utilisateur :
- le saisir en place (…la bonne blague !),
- Copier/coller du texte en perdant tout balisage dynamique,
- importer les fichiers au format Pages ou Word pour conserver les formats style.
Et c’est tout.
— Pardon…?
— Oui, c’est tout…!
Et Markdown…?
Là, j’ai un peu craqué car bossant pratiquement exclusivement en Markdown pour éviter — justement ! — le piège des applications de texte aux formats propriétaires, quel déception de découvrir que iBooks Author ne répond pas à la flopée de traitements de texte tournant sur Mac, iPhone et bien sûr iPad qui, eux, respirent et parlent Markdown ou MultiMarkdown…!
D’autant plus épatant que ces traitements de texte exportent généralement en HTML ou en RTF. C’est ballot…!
En effet, il n’existe pas encore de possibilité de récupérer nativement un fichier .txt correctement stylé en Markdown ou exporté en RTF ou HTML. Pas même des fichiers OPML…
Du coup, c’est franchement pénalisant à moins d’aimer bosser sous Word ou Pages…
Mais t’as qu’a…
Là, j’entends les conseils habituels des taka…
— Mais si le format RTF est bien reconnu par Pages ou Word, quel souci…? Il te suffit de le convertir en passant par un traitement de texte bureautique…
— Ton éditeur Markdown exporte en .doc…? Ben alors…?
Certes mais la gestion de niveaux (et donc de styles…), si elle est bien affichée dans Pages ou Word, n’est rattachée qu’à un seul style, paragraphe pour ne pas le nommer… On est réellement en mode Canada Dry : cela à l’apparence d’un texte bien stylé.
Mais dès que l’on clique dans l’importe quelle branche de la structure, celle-ce renvoie au style paragraphe par défaut…
Comme un problème…!
— Et…?
— Si tu penses utiliser les niveaux patiemment élaborés en Markdown pour styler après coup dans Pages ou Word puis dans iBooks Author, c’est non…
— Oh…!
Voilà pourquoi je suis un peu agacé… J’ai certainement dû louper quelque chose mais comme le gros sentiment que… non.
Or cela doit être possible. cf. Indesign…
À ce propos, je reviens au billet sur ce script de Jongware pour InDesign qui permet d’importer du Markdown… Je n’avais pas tout montré…
De fait, les niveaux comme les styles Markdown sont bien importés ET reconnus comme des entités modifiables dans Indesign…
Explication sous la forme de copies d’écran dans InDesign, CQFD.
Il est possible de changer sans souci les attributs des différents styles paragraphes ou caractères…
Ceux modifiés par vos soins ne sont plus suivis de la petite disquette qui indiquait style par défaut…
Alors, on fait quoi en attendant qu’Apple s’y colle…?
Et comme iBooks Author et Pages sont assez proches, autant insérer la même moulinette dans les deux applications…
Suite dans un prochain billet…
Pour mémoire, à propos de la version 1 ici et là…
# | 15/11/2012 | 08:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Je, tu, il modifie à la marge…
par Jean-Christophe Courte
Rien ne ressemble plus — en apparence — à un visuel qu’un autre visuel…! Si certains se sont fait une spécialité d’interpréter les visuels phares des concurrents pour créer des ersatz crédibles (…qui, curieusement, ne fonctionnent pas mieux), en France, le législateur répond à cette sourde envie de copier par l’Article L335–2.
Bon, il faut reconnaître que personne ne produit from scratch un nouveau concept… Je me souviens des réflexions de mon professeur à l’école d’architecture UP3, Jean Castex, qui fustigeait ceux d’entre nous qui parlaient de leur façade… Non, non, nous nous inspirons toujours de ce qui nous entoure, de ce que nous avons vu, de notre vécu, de nos feuilletages qu’ils soient livresques ou réels lors de nos balades urbaines.
Bref, notre cerveau (…et c’est heureux !) mémorise des éléments qui nous parlent, nous touchent. Et il est logique qu’à un moment donné, ces briques élémentaires remontent à la surface de notre conscient pour construire un nouvel agencement graphique.
le design, nouvel enjeu commercial
J’imagine que tout le monde à encore en tête la bagarre ente Samsung et Apple. Mais un autre procès avorté devrait faire également refroidir très vite les ardeurs plagiaires de certains.
Avez-vous en mémoire la copie directe de l’horloge très connue des chemins de fer helvétiques SSB () dans une application livrée sous iOS 6 par Apple.
Ici, Apple n’a pas cherché une seconde (sic !) à gagner du temps et les deux parties sont très vite arrivées à un accord dont le montant à été dévoilé récemment.
Je me demande même si cette affaire et les 21 millions de $ qu’elle a coûté ne représente pas un plus pour Apple qui démontre ainsi son attachement au copyright.
Bref, une sorte de on s’en est inspiré et on le reconnaît volontiers.
Pas certain que nos esprits hexagonaux, toujours prêts à mettre le pied en dehors de la ligne jaune (…pas vu, pas pris), n’aient compris le message.
Certes, cela fait cher le pixel mais quid pour une couverture de livre au format 17 x 24…?!
En résumé, dans cette histoire, forte de sa propre négociation vis-à-vis des SBB CFF FFS pour une simple icône d’horloge, Apple montre qu’elle est sensible au plagiat et même qu’elle reconnaît ses sources d’inspiration. Et donc se légitime pour, à son tour, attaquer qui de droit.
Comme tous les graphistes, je suis sensible à cette péripétie pour en avoir déjà vu ses conséquences naguère. Le principe est généralement le même : dès qu’un graphiste tombe en disgrâce chez un client, son travail est reproduit (re sic…) sans vergogne. Pour ceux qui se retrouvent ainsi marginalisés, cette soudaine irruption du design devraient leur rappeler que leurs travaux ne sont pas sans importance.
Ou pas aussi inutiles que certains le clament. Désormais, aux professionnels de montrer les dents si besoin est.
Nous ne serons jamais anoblis par la Reine comme Sir Jonathan Ive () mais au moins nous savons désormais que notre métier n’est pas exclusivement décoratif…!
Pour plus d’information, lire ceci, ceci, encore ceci ou cela.
# | 12/11/2012 | 11:20 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Un script indispensable pour graphistes de livres… | mise à jour
par Jean-Christophe Courte
Enfin, la version finale vient de sortir…! Je tournais avec une version ßéta depuis des semaines sans problème quand, ce matin, un tweet sibyllin de Marc Autret…
Bref, quelques minutes après, passage chez Monsieur PayPal et hop. HurryCover est un des rares outils indispensables avec Bookbarcode dans mon activité de graphiste de livres…
Cela tombait bien (même si opération déjà effectuée hier midi…), changement de dos sur une couverture d’un de mes clients… Et couverture à rabats.
Alors, en images…
Créer un document from scratch
Tout d’abord, entrer les valeurs de mon document avec l’épaisseur de dos approximative…
Le script créé le document avec tous les repères…
Là, je ne créé rien, c’est juste ici pour la démo… Aussi, copier coller de mon fichier source de février 2012…
Changement d’épaisseur de dos
C’est généralement là que les choses se gâtent…!! Ici, aucun souci : il suffit d’entrer la nouvelle épaisseur de dos (on passe de 14 à 17 mm).
Là, surprise, HurryCover ajuste également la valeur de mon bloc image noir sur le dos bibliothèque…! Nouveauté par rapport à la version précédente…!
Bien sûr, les indications en pied de page se modifient instantanément… Et les cotes du fichier sont recalculées.
Pour mémoire, nombre d’infos pratiques y sont déjà, ce qui évite de devoir créer des blocs texte à chaque fois…
Et voilà, plus qu’à vérifier et produire le PDF en haute définition (fogra39)…
Et les repères…?
Pas d’inquiétudes…
En haut le PDF avec les bandes de Bruner et les repères ; en bas, le fichier dans InDesign…
Comment cela, c’est cher payé…? Non…! 25 € HT (19 € HT est le prix de lancement). Je pense à chaque fois au temps économisé pour ces ajustements qui reviennent de manière régulière (changement de main de papier et hop, nouvelle épaisseur).
Pour mémoire, relire ce premier billet à propos de HurryCover en janvier 2007 sur BlogNot!. Marc et moi évoquions les problèmes de gestion du dos bibliothèque et les méthodes alors disponibles… Et c’est depuis cette époque que j’utilise HurryCover…
La version Pro — qui devrait arriver dans indiscripts prochainement (sauf que vous utilisez le lien disponible dans le tweet de début de billet comme moi ! — désolé, c’est mon quotidien et je tenais à vous en faire part de suite en avant-première) fait bien entendu bien plus de choses dont une prodigieuse gestion des rabats — qui peuvent n’être pas identiques — et permet surtout d’industraliser un process consommateur de temps, tous les graphistes qui montent des couvertures le savent.
Pour finir
Redimensionnement des blocs (ou non) dans le dos bibliothèque ou épaisseur et taille des repères… Dans les options avancées…
Valeur des plis pour les rabats… Notez que les rabats peuvent être différents ou la couverture n’avoir qu’un seul rabat pour protéger un CD-Rom par exemple…
Notez que si vous utilisez plusieurs scripts de Marc, vous pouvez ajouter un menu dans InDesign pour y accéder (en bas, à gauche des options avancées). Dernier point, il me semble retrouver un peu de Dominique dans cette interface…?!
# | 1/11/2012 | 10:20 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
Les choix de Barnes and Noble
par Joël Seguin
Aux Etats-Unis,
Barnes and Noble possède une librairie dans tous les recoins de l'immense territoire depuis des générations. Avant qu'Amazon ne trouve ses marques, Barnes and Noble dominait le secteur de la vente de livres avec un service client impeccable, des librairies accueillantes et des prix attractifs.
En quelques années, ces trois pierres angulaires sont remises en question. Côté en Bourse, ce groupe familial basé a New York observe les lignes se déplacer. Après Amazon, basé à Seattle, les californiens Google et Apple débarquent.
Le remplacement de l'actuel dirigeant par celui qui a repris en main la stratégie Internet du groupe montre une voie radicale, possible.
À suivre.
NB : sans oublier le
nook, le reader maison…
# | 24/03/2010 | 10:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Joël Seguin |
Anticipation à partir de mes usages
par Jean-Christophe Courte
Récemment, j'ai cherché dans ma bibliothèque l'excellent
FileMaker Pro 8 missing manual avant de me souvenir que je l'avais prêté à Marc. Mais comme j'étais pressé, j'ai d'abord regardé sur
eyrolles.com si le livre était toujours disponible avant de me souvenir que cet éditeur vendait désormais nombre de .pdf via leur serveur
Izibook, un service bien pratique soit dit en passant.
Bon, l'ouvrage étant trop ancien (2006 pour la version 8 de FileMaker Pro), je n'ai pas été surpris de ne pas le trouver, FileMaker est actuellement en version 10. Du coup, je l'ai cherché sur le site de O'Reilly aux USA, sachant que cet éditeur proposait de plus en plus de livres numériques disponibles même sur
iPhone comme je l'avais évoqué en mai.
Et hop, pour moins de $10, j'ai téléchargé
deux versions du livre
FileMaker Pro 10: The Missing Manual : la première en .pdf sur mon Mac, la seconde au format ePub sur mon iPhone. Pour une recherche d'infos dans un livre technique, utiliser les hyperliens depuis l'index du PDF comme ceux contenus dans le fichier ePub, c'est simplement génial.
Ici, sous iPhone en ePub depuis Stanza.
Avec des hyperliens qui fonctionnent en tapotant…
Et un sommaire pour naviguer…
Au format .pdf, c'est encore plus évident, surtout sur un écran assez confortable.
Bref, ceci m'inspire quelques réflexions…
Les éditeurs hors USA feraient bien de s'interroger car, ce que je découvre à nouveau, ce sont des petites choses qui, mises bout-à-bout, pourraient être fortement concurrentielles.
Tout d'abord, un prix du livre numérique qui s'adapte en fonction des ouvrages concurrents et de la fraîcheur du livre. En effet, rien n'interdit à un éditeur américain de baisser drastiquement le prix d'un ouvrage sur son site, de le promouvoir dès lors que des éditeurs concurrents publient à leur tour sur le même sujet, etc.
Ensuite, les offres multiples comme papier et numérique — certes réservée aux USA — ou numérique seul, ouverte à tous.
La possibilité de télécharger le même livre depuis un même compte sur plusieurs machines (mon exemple Mac + iPhone) sous plusieurs formats.
L'absence de TVA puisque téléchargé depuis un serveur étranger.
Mais le plus fort reste à venir car qui peut empêcher un éditeur US de sortir demain — en numérique uniquement — ses ouvrages traduits dans différentes langues…? Or côté informatique, les applications étant majoritairement nord-américaines, il ne fait pas de doute les éditeurs d'outre-atlantique ont, d'emblée, une longueur d'avance. Avec une diffusion dans d'autres langues — depuis les USA, ce serait… deux longueurs d'avance.
Avec l'arrivée des iPads chez Apple en février (…voire avant car manifestement cela bouge aussi chez Microsoft), les options de téléchargements
via iTunes (regardez un peu comment a été reconstruit l'interface de cette boutique, pas de souci pour ajouter de nouveaux secteurs comme des livres par exemple…), le mode de distribution d'ouvrages numériques techniques peut évoluer/changer assez brutalement. Et ceci dans un très proche avenir.
Note : Cela n'empêche pas la littérature (même de gare…) de faire des scores étonnants
via internet en édition numérique. Ainsi le dernier Dan Brown, The Lost Symbol, semble avoir déjà dépassé en numérique (cf.
Letemps.ch) les chiffres de vente de l'édition imprimée. De plus, sur Amazon.com, le prix de la version numérique — 528 pages à lire à l'écran — est moitié moins chère que la version papier. Il faut aussi rappeler qu'il n'y a pas de prix unique du livre aux USA et que cela génère des batailles démentes comme le montre ce récapitulatif sur
publishersweekly.com
Note 2 : Maigre consolation, en France, nous avons des réseaux téléphoniques qui fonctionnent assez bien pour servir les utilisateurs de iPhone. Manifestement, aux USA, c'est pas trop cela comme l'indique ce
virulent billet… C'est pourquoi les rumeurs autour d'Apple et d'un second opérateur ne sont pas saugrenues.
Rien à voir : si vous avez envie de
convertir vos bases Access vers Filemaker, c'est possible.
# | 23/09/2009 | 08:40 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
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