Alias Hannibal Brompton
par Jean-Christophe Courte
Si vous croisez un truc comme ça du côté d'
Embrun ou de
Barcelonette début septembre, il se peut que ce soit Vincent qui passe dans le paysage…
Et surtout si la route ressemble à un chemin muletier…!!!
Bon là, c'est une photo de mon Brompton à Belle-île, rien à voir côté relief…
Car, après les
Alpes (voir cette
chronique sur urbanbike) et les
Pyrénées (voir cette plus récente
chronique sur urbanbike),
Hannibal Brompton repart pour de nouvelles aventures…!!
Bon, sur la carte, cela ressemble à ça avec, à droite, l'italie…
Mais il y a des montagnes… Si, si…! Beaucoup…
Et des cols…!!!! Cols qui sont accessibles
via des routes minuscules…
Pour plus d'infos sur une carte…
Agrandir le plan
Bon, Nous allons procéder à quelques essais dont un suivi de Vincent en GPS (si les zones sont suffisamment couvertes) et un test de iPhiGéNie en situation sur un iPad avec GPS, justement…
Et la route…? Mais tout va dépendre de la météo et de la forme de Vincent…
# | 29/08/2011 | 18:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
La route des cols pyrénéens – En selle… !
par Vincent Burgeon
Suite et fin du compte-rendu fleuve de cette traversée des Pyrénées sous forme d'extraits photographiques commentés, par étape… (billets précédents
ici et
ici).
Dimanche 12/06 : Paris > Hendaye.
Parti assez tôt de Paris en TGV, arrivé vers 13:00 à Hendaye.
Cela me laisse du temps pour me reposer, envoyer des mails, prendre quelques dernières informations sur le web, etc.
Ci-dessous : contenu de mon bagage pour dix étapes de voyage en montagne.
J'ai également une sacoche de selle qui accueille la housse du vélo, la crème solaire, le pique-nique de la journée, quelques provisions, etc.
Lundi 13/06 : Hendaye > Saint Jean Pied de Port
Lever à 05:30. C'est intentionnel, et ça sera la norme pour la suite…
Hè oui : c'est ça les vacances.
En partant très tôt le matin, je bénéficie facilement de deux à trois heures de clarté sans pour autant être exposé au soleil direct. Avantageux, surtout si l'on attaque un col dès potron-minet.
Petit crochet timide de quelques kilomètres en Navarre, l'idée étant de déjeuner espagnol.
Hélas, pas moyen de trouver la moindre gargote sur ce petit tronçon…! (j'aurai aimé caser l'expression "
de France et de Navarre" quelque part dans ce commentaire, mais pas trouvé… !).
Les premiers cols basques, assez gentils, permettent de démarrer la traversée en douceur.
Saint Jean Pied de Port, village très pittoresque, fortifié et surplombé d'une citadelle, est une
étape importante vers Saint-Jacques-de-Compostelle : idéal pour une première nuit.
On y rencontre évidemment pas mal de pèlerins, ce qui donne au site une ambiance assez particulière…
Mardi 14/06 : Saint Jean Pied de Port > Larrau
Étape assez courte, mais avec les premiers cols un peu sérieux…
Pas mal pour se mettre en jambes.
Le basque : vous avez dit "Langue agglutinante" ?
La plupart des routes sont en excellent état.
Sur l'ensemble du trajet, peu de mauvaises surprises, sauf peut-être du côté de Prades / Perpignan…
Mercredi 15/06 : Larrau > Bielle
En général, je quitte l'hôtel avant l'ouverture de la réception, ce qui nécessite de prendre quelques dispositions. La veille, après le repas du soir, je règle ma note et m'enquiers d'un petit déjeuner.
Chez certains hôteliers, il est possible d'accéder à la salle à manger avant l'heure réglementaire, mais d'autres proposent de déjeuner dans la chambre et apportent le soir-même un plateau-repas pour le lendemain matin.
Invariablement, on y trouve du pain un peu sec et un thermos de café un peu tiède…
Sinon, il reste la possibilité de s'arrêter à la première boulangerie venue.
L'arrivée à un col est toujours une surprise. Va-t-on pouvoir se restaurer ? Y aura-t-il un beau panorama ? Rencontrera-t-on d'autres cyclistes avec lesquels tailler le bout de gras ? Faudra-t-il encore attendre que les bikers garés devant le panneau veuille bien partir pour faire une photo souvenir ?
Parfois, il n'y a tout simplement… rien.
Col du Soudet, 1520 m.
Plus tard dans la journée, le col de Marie-Blanque : petit… mais très costaud !
Des passages jusqu'à 13 % de moyenne (vous savez à quoi je fais allusion, si vous avez bien lu le ce
billet…).
Jeudi 16/06 : Bielle > Luz-Saint-Sauveur
Ce matin : un plafond bas qui ne présage rien de bon.
Col d'Aubisque et col de Soulor : un tronçon magnifique, paraît-il,…
…que j'ai traversé dans un nuage.
Heureusement, j'étais bien équipé : poncho, gants, chaussures, chaussettes, guêtres…
…Car tout est immédiatement humide (ici, mon épaule).
Une fois redescendu sous la couche nuageuse, ça redevient plus agréable.
Petite route longeant un ravin pour arriver à Luz-Saint-Sauveur.
Vendredi 17/06 : Luz-Saint-Sauveur > Arreau-Cadeac
La grosse étape du voyage : col du Tourmalet + col d'Aspin. Pas très longue, mais un gros dénivelé en perspective.
Col du Tourmalet :
parfaitement passable, selon la formule consacrée…
Montée longue, un peu dure sur la fin, mais très belle. On arrive dans l'étage alpin, où la végétation se fait plus rare. Par chance, le ciel était relativement couvert, ce qui m'a préservé du soleil dans les derniers kilomètres.
À partir du col du Tourmalet, je monte faire quelques kilomètres sur le chemin muletier qui mène au Pic du Midi.
On contourne le pic du Tourmalet…
…jusqu'au col de Sencours (la photo ci-dessous) qui surplombe le lac d'Oncet.
Le col des Laquets, situé encore plus haut, se trouve à quelques centaines de mètres de l'observatoire du Pic du Midi.
Je n'ai pas pu l'atteindre, car de gros névés bloquaient la piste et c'était un peu risqué, avec mes petites chaussures de cycliste, d'aller crapahuter sur la neige, un Brompton calé sur l'épaule.
J'ai donc fait demi-tour et suis redescendu au col du Tourmalet (sur la photo, le Brompton est en bas de l'image, et l'observatoire, en haut).
Vous trouverez
ici un panorama zoomify permettant de voir le lac d'Oncet et le pic du Midi, et
ici un autre pris de la route qui monte sur le flanc du Pic du Midi et où l'on voit le pic du Tourmalet (au centre) ainsi que la piste qui descend vers le col du même nom bordant le lac d'Oncet.
Plus tard dans la journée, au col d'Aspin, le temps est à nouveau couvert. Un cyclo se change pour affronter la descente…
Samedi 18/06 : Arreau-Cadeac > Antichan de Frontignes
Le Brompton à l'hôtel : pas vraiment eu de souci… Le mieux est de se montrer le plus discret possible lors de l'enregistrement à la réception (vélo dans la housse, casque et gants de cycliste retirés, etc.). Si l'hôtelier émet un doute, il suffit en général de préciser que "le vélo est dans une housse et ne salira rien".
Lorsque le vélo est humide, je le déballe dès mon arrivée dans la chambre et le pose sur la housse pour préserver la moquette et lui permettre de bien sécher.
Plusieurs cyclotouristes m'ont confirmé que ce n'était pas toujours simple de stocker un vélo "normal" dans les hôtels et qu'il valait mieux se renseigner à l'avance.
Les termes signifiant "col"
sont légion. Ici, un "petit col" non répertorié sur la carte "officielle".
Vers le col de Peyresourde : encore dans les nuages… !
Dimanche 19/06 : Antichan de Frontignes > Biert
Cérémonial du matin : le rangement du sac Brompton. Lessive ayant (théoriquement) séché pendant la nuit, iBidules ayant rechargés, trousse de toilette, vêtements, pyjama, etc.
Très fortes pentes dans la montée du col de Portet d'Aspet (ici, 17 %).
Globalement, les Pyrénées sont moins élevées mais plus pentues que les Alpes : c'est minimum 10 % tous les jours.
Lundi 20/06 : Biert > Ax les Thermes
Le Pas de Souloumbrie, un petit col perdu dans les hauteurs d'Ax les Thermes. Bien plus sympathique que la nationale proposée sur le trajet "officiel".
Juste après, la route des corniches, très calme, surplombe la vallée d'Ax, offrant un magnifique point de vue sur les environs.
On trouve assez facilement des points d'eau potable dans la plupart des villages.
Ax les Thermes au crépuscule, vu du balcon de l'hôtel. Douche, massage des jambes, lessive à la main, dîner au restaurant de l'hôtel, coups de téléphone, mails… Les choses à faire ne manquent pas, une fois qu'on est descendu de selle.
Mardi 21/06 : Ax les Thermes > Mont-Louis
Quelques kilomètres après Ax les Thermes, dans la montée du Col de Pailhères, panne de Mountain-Drive !
Une pièce est cassée. Comme je n'ai pas vraiment envie de revenir une troisième fois pour finir le voyage, je m'installe au bord de la route, démonte le pédalier et rafistole le tout comme je peux. Pourvu que ça tienne…
De nombreux cols (ici, Pailhères) sont des zones pastorales : le bétail y vaque à son gré et c'est aux véhicules d'être prudents…
Particulièrement lors de la descente (on imagine la rencontre d'un Brompton lancé à 50 km/h avec un quelconque bovin, caprin ou équidé…).
En montagne, le temps est très changeant : on peut avoir dans la même journée un soleil de plomb, des nuages, un orage, de la brume… et de la grêle (vécu, évidemment). Il faut être équipé pour toutes les circonstances…
Mercredi 22/06 : Mont-Louis > Perpignan
Mont-Louis. Un village fortifié construit
from scratch par Vauban, pour contrôler la vallée. Il abrite aujourd'hui un centre national d'entraînement de commando, des garnisons et une petite population qui vit du tourisme.
Il est également connu pour son
four solaire.
Les fortifications sont en très bon état…
…Le four solaire y est d'ailleurs installé.
Dernier panorama avant de quitter définitivement la montagne…
…et d'attaquer la vallée. Cette étape consiste grosso-modo en une descente de 80 bornes… Les premiers kilomètres étant particulièrement rapides (capture d'écran d'une vidéo).
Pause café à
Villefranche-de-Conflent : un autre village entièrement fortifié qui a lui aussi subi les œuvres de Vauban.
Le drapeau catalan flotte et les feux de la Saint-Jean sont prêts à être embrasés par la flamme qui descendra du Canigou, le 23 juin, au soir.
Après Villefranche de Conflent, la montagne est derrière moi.
Je fais quelques détours dans l'arrière-pays afin d'éviter les nationales, empruntant les petites routes qui sillonnent à travers vergers et coteaux de vignes…
…pour arriver vers midi à Perpignan.
Voilà, fin du voyage.
Après 24 h de repos et de tourisme à Perpignan, j'ai pris un TGV
Centre du monde > Paris.
Épilogue technique : la réparation de fortune que j'avais faite au Mountain-Drive a tenu jusqu'à la fin, me permettant de finir le périple. Mais pour réparer proprement le mécanisme, une intervention du SAV est nécessaire.
Dès mon retour à Paris, le Brompton a fait un séjour express aux Vélos Parisiens, qui ont démonté le Mountain-Drive défectueux pour le renvoyer chez le constructeur, puis m'ont réinstallé un ancien pédalier Brompton, afin que je puisse continuer à utiliser mon vélo (merci à eux de m'avoir gentiment prêté leur Brompton-Rohloffisé pendant les deux jours qu'a duré l'opération).
En attendant le verdict du fabricant, je prépare déjà les prochaines ascensions…
# | 12/07/2011 | 07:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon |
La route des cols pyrénéens – l'itinéraire
par Vincent Burgeon
Suite du
précédent billet, où je racontais avec force détails technologiques les nouvelles modifs apportées à mon Brompton, en vue d'aller me promener dans les Pyrénées…
Pour ceux qui s'en souviennent, en
2009, j'avais rallié Thonon-les-Bains à Menton en Brompton, suivant
la Route des Grandes Alpes.
L'aventure m'avait bien plu, j'étais revenu en pleine forme et bronzé comme un cycliste. J'ai donc eu envie de remettre le couvert en 2010 dans l'autre massif cycliste français : les Pyrénées.
Le chemin était déjà tout tracé puisque la bien connue
Route des Cols va de Cerbère (côté méditerranée) à Hendaye (côté Atlantique) en passant par une trentaine de cols de moyenne et haute montagne.
C'est en juillet que j'avais choisi de faire cette randonnée. Malheureusement, une tendinite achilléenne m'a stoppé net à mi-chemin, entre le col de Peyresourde et le col d'Aspin, et renvoyé illico à Paris.
Interdit de vélo pendant 6 mois (il y a eu des complications), j'ai finalement repris le chemin des entraînements début 2011, en mettant les bouchées doubles pour récupérer ma forme.
Le 12 juin dernier,
back to the Pyrenees, mais cette fois en partant d'Hendaye, pour rejoindre Perpignan (et non pas Cerbère, j'en reparle plus loin).
Mission accomplie le 22 juin, au terme de dix étapes. Cela aurait pu être plus court d'un jour ou deux mais, afin d'éviter à nouveau la surchauffe et les risques de tendinite, j'ai préféré prendre le temps de voir du pays et ai organisé quelques journées comme des demi-étapes de récupération.
En juin, la montagne, c'est formidable. Les nuées de touristes ne se sont pas encore abattues, la fonte des neiges se termine (on trouve facilement de l'eau), la nature est luxuriante, les journées sont très longues (proche du solstice d'été) et il ne fait pas aussi chaud qu'en juillet et août.
Bref, le mois est propice à la rando, à l'exploration et au voyage (si l'on excepte les caprices de la météo, mais bon…)
Des thermes, puis des cols
La Route des Cols n'est pas à proprement parler une route "historique" : elle s'inspire en partie de la
Route Thermale voulue par Napoléon III, mais le tracé "officiel" proposé sur le
site web éponyme est clairement conçu dans l'esprit de la
Route des Grandes Alpes qui est, elle, un itinéraire touristique déjà centenaire.
Le but étant évidemment d'attirer les voyageurs qui aiment "bouffer du bitume" (cyclotouristes, motards, caravaniers, etc.), en profitant notamment de l'aura prodigué par le Tour de France autour des cols connus (
Tourmalet, Marie-Blanque, Aubisque, Aspin, Soulor, etc.). Certains tronçons de cette route des cols sont d'ailleurs des détours dont le but est visiblement d'ajouter deux ou trois cols au palmarès total (34 cols, toujours selon le site officiel).
En plus de cette route traversant les Pyrénées d'ouest en est, on peut découvrir chaque région grâce à des boucles thématiques qui incluent quelques cols supplémentaires
(Le tour des baronnies, Le tour du Pic du Midi, Les châteaux du pays Cathare, La traversée des gorges de l'Aude, etc. – j'ai aperçu également une "route du fromage", mais rien à voir…).
Ci-dessous : en rouge, la Route des Cols et, en bleu, les boucles thématiques.
Le Pays Basque, le Couseran, l'Arriège, le Pays Cathare, le Languedoc… Toutes les régions traversées sont superbes et possèdent chacune leurs charmes propres ; le paysage change sans cesse et il n'y a pas deux étapes pareilles. On passe de gorges en corniches, de larges voies en petits chemins, de pâturages en ravins, de villages perdus en grosses villes thermales, etc.
L'architecture est d'ailleurs l'un des témoins les plus évidents : l'habitat (formes, couleurs, matériaux, couverture) évolue tout au long de la route, mais aussi avec l'altitude ; idem pour l'occupation du sol, la végétation (les fameux
étages), le minéral… Sans parler des témoins de l'Histoire. C'est l'avantage du voyage à vélo que de pouvoir déguster à son rythme chaque détail qui se révèle…
Si l'an passé, pour des raisons pratiques, j'étais parti de Cerbère pour rouler vers l'Atlantique, j'ai préféré cette année démarrer à Hendaye et me diriger vers l'est. C'est à mon sens la meilleure des deux solutions : primo, cela permet souvent de rouler du côté ombragé de la route, spécialement l'après-midi, et, secundo, c'est plus agréable de partir le matin avec le soleil levant devant soi pour l'avoir dans le dos l'après-midi, que l'inverse.
Préparer l'itinéraire
Ayant parcouru près de la moitié de la route l'an passé, j'ai recomposé mon itinéraire en m'inspirant de la route des cols "officielle" et ai pioché dans les boucles locales pour emprunter quelques tronçons alternatifs, afin de voir de nouveaux décors. J'ai également laissé tomber les sections manifestement destinées aux "enfileurs de cols".
À nouveau, j'ai voyagé en "autonomie carte bleue", en allant à l'hôtel tous les soirs afin de pouvoir manger chaud, avoir un lavabo pour faire ma lessive, regarder éventuellement un épisode de Derrick et, surtout, bien dormir pour être à pied d'œuvre le lendemain.
Les réservations étaient faites à l'avance, la plupart des hôtels ayant été dégottés simplement
via Google Maps. La compacité du Brompton a évidemment facilité ce point du voyage.
Pour préparer l'itinéraire, je me suis servi de la carte gratuite qu'il
suffit de quémander sur le site de la Route des cols, de la
carte IGN touristique générale des Pyrénées (dont je n'ai pas trouvé la référence) ainsi que d'un
bon petit guide disponible aux Éditions Privat.
Les fondus de la petite reine et de la grande boucle auront peut-être quelques
pounds à consacrer à ce
bouquin édité par Rapha (en anglais, donc) qui détaille bon nombre d'ascensions pyrénéennes (leur ouvrage consacré aux Alpes est pas mal non plus).
Niveau outils en ligne, le site de la Route des Cols propose une
page pour créer son propre itinéraire et ses étapes, mais je ne l'ai trouvé ni convaincant, ni ergonomique. Bikemap possède par-contre un module de création de parcours simple et efficace qui permet de visualiser tout de suite le profil de l'étape en cours. C'est appréciable car le dénivelé et la situation des différentes ascensions sur le parcours comptent autant que le kilométrage total.
En effet, on préférera toujours commencer la journée par un bon col bien costaud et terminer gentiment, que l'inverse. Une étape se concluant par une grosse ascension est bien plus usante qu'une étape très longue, mais sans difficulté majeure.
L'idée est donc de repérer les ascensions les plus ardues pour les placer en début d'étapes, et d'organiser le parcours en fonction, quitte à avoir des étapes de longueurs inégales (on en profitera pour se reposer).
Idéalement, chaque journée devrait donc se terminer au pied d'un grand col, à attaquer dès le lendemain matin…
À ce propos, l'itinéraire est souvent présenté comme "Hendaye-Cerbère, 850 km", mais en réalité, pour qui aime rouler tranquillement en montagne et dans la nature, la route des cols s'arrête quelque part entre Villefranche de Conflent et Prades, sur la nationale N116… Le chemin qui mène ensuite de Prades à Cerbère est composé sur près de 100 km de voies à forte circulation, de banlieues résidentielles et de zoning industriels (quelques champs et un ou deux petits cols, aussi).
Moyennement intéressant, surtout si l'on vient de faire près de 750 km en pleine montagne…
L'année dernière, j'avais roulé la première journée sur ces routes dangereuses, fort fréquentées, assez étroites, en mauvais état et sans bas-côté, et je n'avais pas vraiment envie de réitérer l'expérience. J'ai donc minimisé au possible la partie "post-montagne" en la réduisant à une étape (Mont-Louis -> Perpignan) qui s'est avérée finalement pas trop désagréable.
De plus, cela m'a permis de reprendre à Perpignan le TGV pour Paris (et d'éviter aussi un trajet Cerbère-Perignan, qui se fait dans un tortillard de banlieue).
Au total : 10 étapes, ± 800 km, ± 30 cols et ± 15.500 m de dénivelé positif.
Oui, c'est un peu approximatif car je n'ai pas terminé de calculer mon itinéraire total, et la situation des cols n'est pas toujours bien renseignée, ni sur la carte, ni sur place : parfois on cherche les panneaux, parfois on en découvre des inattendus…
Prochain (et dernier) billet consacré à ce voyage : un résumé photographique de chaque étape…
Info pratique…
Note : Demain, très lourd billet pour finir car longue série d'images…!
# | 11/07/2011 | 11:30 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon |
Modifications pour un voyage en montagne, le retour
par Vincent Burgeon
JC ayant "teasé" par deux fois, aucune échappatoire possible : je me devais de rendre ma copie au plus vite !
Voici donc la suite de mes tribulations Bromptonesques en montagne… Cette fois-ci : destination les Pyrénées.
Comme la dernière fois, d'abord un petit préambule matériel cyclo-geek avant d'attaquer le compte-rendu proprement dit, plein de péripéties et rebondissements, cela va de soi…
Le Brom, l'abrupt et les %
En préparant ce nouveau voyage, j'ai vite compris que cette fois, j'aurais affaire à des côtes plus fortes que dans les Alpes. De plus, il y a une petite astuce concernant les pourcentages renseignés sur les profils de cols et par les panneaux spéciaux qui jalonnent les parcours : c'est en général le
pourcentage moyen par kilomètre qui est indiqué.
Or, il n'est pas difficile de comprendre que, sur un kilomètre, la pente est rarement constante.
Certaines sections se radoucissent forcément et d'autres se redressent d'autant : un kilomètre à 10 % de moyenne pourra très bien aligner des sections à 7 % (tranquille), 10 % (houlà…) et 13 % (Argl!). Cela est très bien illustré par des panneaux (routiers, eux) annonçant des pentes très localisées de 13, 15 et même 17 %… Bref, ce n'est pas parce qu'on est capable de gravir la route de 10 % qui traverse son petit village natal qu'on pourra vaincre avec autant d'aisance quelques kilomètres de montagne annoncé à 10 %… de moyenne.
Par ailleurs, la spécificité d'une montagne, c'est d'avoir 2 côtés : l'un pour monter… l'autre pour descendre. Si l'ascension se fait souvent à un rythme de sénateur, la descente, elle, sera "volle gaz !", comme on dit à Bruxelles.
Il n'est pas rare d'aller dix fois plus vite qu'à la montée et, le poids des bagages aidant, d'atteindre des 50, 60, 70 km/h (même en Brompton, hé oui). Pour ces grandes vitesses, il faut évidemment des freins bien réglés, un maximum d'anticipation dans la conduite, mais aussi la possibilité de "relancer" afin de donner un petit "coup de pouce" au vélo en cas de problème (un dépassement qui se présente mal, par exemple). En clair, même à 50 km/h, pouvoir accélérer un peu est indispensable pour garder le contrôle total de son engin (on imagine mal une voiture qui ne pourrait pas le faire…).
Cela suppose d'avoir à la fois de très petites et très grandes vitesses sur un même vélo, soit une plage de vitesses énorme. C'est techniquement difficile à réaliser,
a fortiori sur un Brompton dont le système de tendeur de chaîne spécifique (destiné à maintenir la chaîne lors du pliage du vélo) vient encore compliquer la donne.
Fort de ces petites réflexions et de mes expériences passées, j'ai donc cherché à trafiquer mon Brompton pour encore améliorer son utilisation en montagne…
Un pliant à 800 %
J'avais déjà le
Mountain-Drive qui divise par 2,5 la plage de vitesses disponible sur le vélo, créant une nouvelle plage inférieure de vitesses. Ce système ayant fait ses preuves dans les Alpes, il me restait comme possibilité de remplacer le moyeu arrière du Brompton pour augmenter si possible l'étendue de la plage par défaut et le nombre de vitesses.
Mon choix s'est porté sur un kit créé par Ben Cooper de
Kinetics (un vélociste écossais assez inventif) autour du Sturmey-Archer X-RF8w (un moyeu 8 vitesses disposant d'une plage de 325% : la dernière vitesse parcourt 3,25 x plus que la première). Il livre la roue arrière rayonnée autour du moyeu, avec tous les accessoires. Le montage n'est pas vraiment compliqué et demande juste un peu de patience et de bon sens.
Combiné avec le Mountain-Drive, en choisissant soigneusement le plateau (46 dents, dans mon cas), on peut arriver à une double plage de vitesses quasi idéale.
Pour mieux comprendre cette histoire de développements et l'intérêt de ce bricolage (si, si, j'insiste !), voici un petit tableau comparatif de différentes plages de développements selon les vélos (l'étendue de chaque plage est exprimé en %) :
Les deux premières lignes illustrent le type de développements qu'on a sur un VTT et un vélo de course standards (bien sur, cela peut varier). Rappelons simplement que leurs systèmes avec plateaux, cassettes et dérailleurs imposent de ne pas "croiser" la chaîne, rendant certaines combinaisons plateau/pignon inexploitables : le nombre de braquets effectifs est toujours inférieur au nombre théorique.
Ensuite, on a les Brompton de série avec les 3 options de plateau possibles (44, 50 et 54 dents) : la plage assez restreinte le réserve à un usage urbain (promenades, etc.).
Ajoutons un Mountain-Drive au Brompton 50 dents : cela lui crée une nouvelle plage (MD ON) de 6 vitesses, descendant jusqu'à 1 m de développement, ce qui permet à un utilisateur lambda (même JC, mais si !) de grimper pratiquement n'importe quoi. Cette solution est déjà excellente…
Enfin, voyons la combinaison Mountain-Drive + X-RF8w : la plage haute (MD OFF) est parfaite pour faire de la randonnée et de la vitesse (plage similaire à celle d'un vélo de course) tandis que la plage inférieure (MD ON) permet de descendre également très bas (1,2 m), tout en montant assez haut (4,3 m). Elle convient bien aux montées de col où raidillons et faux-plats s'enchaînent.
Cette solution donne une plage totale d'environ 825%, à comparer au
Rohloff, bien connu des cyclotouristes, qui n'offre qu'un "petit" 514 %…
Avantages de ce double système : un vélo ultra-polyvalent à un coût (Mountain-Drive + X-RF8w) nettement inférieur à celui d'un Rohloff.
Inconvénients : une perte de rendement due aux nombreux engrenages qui entrent en jeu dans chaque mécanisme et une complexité mécanique accrue qui peut poser problème en cas de panne (systèmes peu répandus).
Mountain Geek
Cette année, j'ai commencé à utiliser un
cardiofréquencemètre. Ho, pas pour jouer les Contador (j'ai encore de la marge : tests d'effort, mesure de la VO2 max, etc.), mais par curiosité, pour en savoir plus sur cette pompe qui bosse toute la journée sans qu'on ne lui demande rien.
Car s'il est facile, quand on roule à vélo, de sentir ce qu'il se passe dans les jambes (crampes, tiraillements, articulations douloureuses, etc.), le cœur est plus secret, il dévoile moins facilement ses soubresauts et sa fatigue se manifeste plus discrètement (jusqu'au claquage fatal, bien sûr…). Il faut donc aller chercher les informations avec un engin précis.
Tant qu'à rajouter un appareil supplémentaire sur mon cintre, autant en choisir un qui fait tout, et me débarrasser ainsi des deux autres (compteur et inclinomètre). Après avoir étudié les différentes solutions possibles à base d'iPhone (qui se sont avérées être de gros bricolages encombrants et/ou peu fiables), j'ai opté pour un kit "pro" (hum…!) comprenant un
Garmin Edge 500, une ceinture cardio qui se fixe sur la poitrine et des capteurs de cadence et de vitesse à placer sur le vélo (trouvé chez
lepape.com).
Bardé de fonctions, à peine plus grand qu'un compteur classique, l'Edge 500 s'est révélé être un excellent mini-ordinateur à tout faire, possédant un grand affichage rétroéclairé (débrayable) et des écrans entièrement paramétrables, tant en type et quantité d'information qu'en taille des caractères.
L'interface est facile à comprendre, les boutons sont bien placés et il est étanche (enfin, il supporte une bonne pluie, quoi). De plus, il utilise la norme
ANT+, un standard de communication sans-fil utilisé dans les équipements sportifs de haut niveau (bien plus robuste que ce qu'on trouve dans les compteurs "sans-fil" grand public) et qui permet de faire dialoguer différents capteurs avec cet "ordinateur de bord".
Cette standardisation m'a permis d'installer un capteur de vitesse/cadence d'une autre marque, celui de Garmin n'étant pas adapté aux Brompton. Reconnaissance immédiate du bidule et rien à paramétrer : la technologie comme on l'apprécie… Efficace dès le premier jour, ergonomique, sans bugs ni ratés, bref : qui rend service et se fait oublier (tout comme le prix, heureusement).
Seul détail : comme il consomme beaucoup d'énergie, penser à le recharger régulièrement (
via le port USB d'un PC ou son chargeur dédié – chargeur d'iPhone compatible).
Parlons orientation…
Mon iPad flanqué d'un abonnement 3G a (entre autres) fait office de "pilote" GPS. Très pratique pour rapidement sortir des villes le matin, trouver son hôtel le soir, connaître la distance à couvrir avant de rejoindre un point précis (d'ailleurs, peu de panneaux indiquent les distances),… Du réseau quasiment partout.
Cela dispense d'acheter des cartes IGN précises de chaque région (j'avais une carte globale qui couvrait l'ensemble du trajet) et de perdre du temps à chercher son chemin dans les sorties de ville, les faubourgs, les quelques endroits où se trouvent des rocades et des nœuds routiers, etc. Cela m'a fait gagner de précieuses heures converties en repos, détente, visites, coups de téléphone, etc.
Détail curieux, quelques coupures de réseau résolues par un redémarrage complet de la tablette…
Je ne vous fait pas l'injure de parler des autres usages possibles (web, mail, rédaction d'un road book, lectures diverses, stockage photos, etc.) déjà largement évoqué par le
maître de céans.
Roule tranquille.
Enfin, quelques accessoires essentiels que je n'avais pourtant pas emmenés avec moi dans les Alpes… On profitera de l'arrêt obligé sous le panneau du col pour enfiler coupe-vent, écharpe et…
casque, absolument indispensable.
Par-contre, pour les montées de cols, où l'on évolue à l'allure d'un escargot, on lui préférera la casquette, avec laquelle on peut à loisir se protéger le front ou la nuque selon la position du soleil. Il faut choisir le casque assez aéré et confortable, mais surtout avec un
filet anti-insecte.
S'il fait trop froid, on pourra porter dessous un fin bonnet de laine ou un couvre-casque imperméable (qui protégera aussi de la pluie).
Des
lunettes de protection sont également très utiles. Pas nécessairement fumées, mais elles doivent largement couvrir les yeux. Après avoir longuement cherché, mon choix s'est porté sur des
Demetz Vistana, qui sont en réalité des
surlunettes (elles existent en plusieurs tailles, pour s'adapter aux différents types de lunettes).
Leurs points forts sont : une large couverture des yeux (on ne sent pratiquement pas le vent) et des verres polarisés qui découvrent bien les côtés, offrant une bonne vision panoramique et latérale (pratique pour jeter un œil en arrière, par-dessus l'épaule).
Du coup, le confort lors des descentes de cols est vraiment amélioré et le maintien sur le visage, excellent.
De plus, elles conviendront aussi pour sortir le soir, après l'étape, au bar
queer du village, ou, éventuellement, une fois rentré à la maison, pour souder quelques tuyaux de plomberie…
Vraiment, Je me suis demandé comment je faisais auparavant…
Rappelons que des gants de cycliste apportent un confort indéniable en absorbant les cahots et protégeront aussi les mains en cas d'éventuelle chute. Inconvénient : bronzage comique assuré.
Finalement, un bon éclairage est indispensable. Pas une de ces ridicules loupiotes à piles qui servent en ville à vaguement signaler sa position aux usagers attentifs. Non : une vraie lampe, qui envoie loin. "Pourquoi, si l'on ne roule que de jour?" me direz-vous…
La raison est triple :
— primo, en montagne, le temps change rapidement. Le brouillard est fréquent en toutes saisons et il n'est pas rare, lorsqu'on monte un col, de traverser une couche nuageuse. La visibilité peut donc varier dans un laps de temps très court.
— Ensuite, un imprévu peut occasionner un retard de plusieurs heures et faire arriver à l'étape bien plus tard que prévu, à la nuit tombante. Hormis dans les villes et villages, il y a peu d'éclairage public en montagne.
— Finalement, certains tronçons sont constitués de tunnels non-éclairés et pas toujours bien entretenus (du côté de Val d'Isère, par exemple), parfois assez longs…
J'ai opté pour une
E3 Triple de Supernova (trouvée à vil prix sur Amazon) qui, raccordée à mon
moyeu dynamo SON, éclabousse littéralement la route. Redoutable d'efficacité.
Mais on trouve facilement d'autres modèles un peu moins violents et déjà très performants.
Voilà pour les derniers
upgrades infligés à mon Brompton.
Après ce voyage, à part quelques détails, je ne vois pas vraiment ce qui peut être encore amélioré.
À moins de changer le vélo, bien sûr…
Suite dans quelques jours, où l'on tentera de faire mieux qu'Hannibal, mais dans l'autre direction. Sans éléphants, cependant…
# | 6/07/2011 | 05:59 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Vincent Burgeon |
Gare de l'Est
par Jean-Christophe Courte
Arrivé Gare de l'Est pour récupérer ma petite famille hier, je sors de voiture… Et hop, à deux pas, un
brompton !!
Du coup, j'ai utilisé mon iPhone 4 pour immortaliser cette rencontre. Et, surtout, montrer l'usage et la qualité de l'appareil photo intégré en postant la photo d'origine (2,2 Mo en JPG), histoire que vous puissiez vous faire votre opinion…
cliquez sur l'image pour attendre l'image source. Brut de fonderie, CQFD.
Note(s) de lecteur(s)…
Et comment le note Ysengrain…
C'est fou la quantité de gares ferroviaires qu'on trouve à proximité des vélos !!!
Rien à voir mais comme on cause vélo… le vélo peut servir à déménager (si, si !). Ce
lien via
twitter de
Vincent.
Cela se passe au Canada chez myette.ca
Et le
Vincent d'urbanbike envoie ce lien : des
remorques à vélo…! Et ajoute…
Je penche pour un modèle 2002/2003 à 3 vitesses avec garde-boue arrière changé (l'ancien a dû casser à force de supporter le poids du vélo, lors du parquage).
Remarque qu'apparemment quelqu'un lui a tordu son levier de frein gauche : raison pour laquelle je ne laisse jamais mon pliant accroché à l'extérieur …
# | 18/07/2010 | 15:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte |
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