90 vélos d’exception

224 pages de vélos et d'urban bikes…!
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Un bouquin à la gloire de ce truc à pédales astucieux qui me permet de me balader avec ma fille un peu partout et, notamment, de nous rendre ici…

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C’est le genre de bouquin que l’on feuillette bien à plat sur une table…

Format à l’italienne et photographies d’exception (…celles, mauvaises, qui illustrent ce billet ont été prises hier avec une lumière qui jouait à cache-cache avec les nuages et un G11 à réviser dare-dare)…

Et, première chose, j’ai immédiatement cherché si nos Brompton avaient droit de cité dans cet ouvrage…

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Oui…!!!!

Sauf que ce n’est pas le seul vélo pliant… J’ai continué un rapide feuilletage (…trop rapide car dimanche avec nombre de boulots à terminer…) et, au hasard des pages, suis tombé sur ces autres cycles…!

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Et même trouvé pour mes vieux jours…

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Bon, vous l’aurez compris, utilisateurs de vélos urbains, ce bouquin est un réel cadeau à vous offrir — mais surtout à vous faire offrir…!

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90 vélos d’exception | CYCLOPEDIA
Michael Embacher
Préface de Paul Smith
Photographies (fabuleuses) de Bernhard Angerer
Eyrolles
9782212132632 | 32 € pour 224 pages au format 210 x 275 mm (et 1345 grammes à ne pas se prendre sur un pied…!)

image caddie

Soyez vu sur votre vélo

Option, piles ou dynamo…?
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Jusqu’à présent, sur mon Brompton, j’étais en mode piles

Petites lampes avant et arrière à piles rechargeables. C’est pas cher mais cela a une grosse tendance à ne pas être toujours génialement fixé . Voire même se détacher lors du pliage et/ou dépliage du brom.

Et, au moment où l’on a besoin, à tomber en rade avec les piles à plat. Alors, même en se baladant avec un jeu de rechange, faut penser à bien recharger ces dernières, ne pas se gourer de jeu… Bref, galère si on n’est pas méthodique.

Or je ne suis pas méthodique pour ce genre de choses.

Cet été, avec les quelques séquences orageuses avec ciels gris et véritables interruptions de lumière solaire, nappes de brouillard en sus, j’ai pris conscience que mon éclairage n’était franchement pas à la hauteur sur les petites routes non éclairées.…!

Bref, que j’étais à la merci d’un conducteur distrait malgré mes catadioptres sur les pédales et mon timbre poste lumineux clignotant en guise de feu arrière.

Certes, se vêtir d’un gilet fluo, placer des bandes réfléchissantes sur le sac à dos sont des solutions de fortune efficaces mais c’est aussi éclairer de ce qui se passe devant, sur la route, qui pose problème à la campagne.

Et en ville…?

Idem, même avec des éléments qui clignotent, c’est pas le top pour être vu dans la circulation surtout à ces moments de bascule dans la journée, ceux dits entre chien et loup.

Bref, se rendre en rendez-vous client avec une chance sur deux de se retrouver écrabouillé, non…!!!

Du coup, disposant en direct des excellent conseils d’Hannibal Brompton (!), alias Vincent Burgeon, j’ai profité d’une révision générale — et indispensable — de mon vélo aux vélos parisiens pour faire faire le nécessaire.

Ces derniers m’ont rendu un vélo comme tout neuf…

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Première résolution, essayer de maintenir le tout aussi propre toute l’année mais c’est pas gagné…!

Sinon, la pose de l’éclairage à l’avant donne ceci avec un catadioptre intégré dans le phare LED…

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C’est un LED B+M Lumotec IQ Cyo RT senso plus, choix des vélos parisiens approuvé par Vincent…

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Reliée à la fameuse dynamo SON K439 placée dans le moyeu…

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Bon, déjà, ça éclaire bien, 60 Lux…! Ensuite, pas de risque que la dynamo saute en passant dans un nid de poule ou sur un caillou…

Mon test de nuit hier a été probant, j’ai pu rouler confortablement dans mon quartier et m’aventurer dans un vaste parking à ciel ouvert, non éclairé, surprenant quelques sportifs qui revenaient de leur footing en forêt pensant croiser une moto…!

Mieux, j’ai de la réserve, aucun risque de gag d’extinction des feux en m’arrêtant à un Stop…!

D’ailleurs, en prenant mon RER au retour de Paris hier, il m’a fallu attendre près de 5 bonnes minutes avant que mon feu rouge arrière finisse par s’éteindre…!

Monsieur, vous avez laissé votre feu allumé…

Ce dispositif d’éclairage est aussi une façon plus sérieuse de prendre sa place en ville, d’être bien perçu par les automobilistes dans la circulation. Là, difficile de prétendre ne pas nous avoir vu.

À propos de la couverture lumineuse de ces lampes, Vincent nous propose ce lien, un comparatif de Peter White Cycles qui en dit nettement plus en images…

En partant de la dernière photo de ce billet, vous avez la solution installée par Vincent sur son propre Brompton (un Supernova E3 Triple surpuissant…!) et, en remontant 5 images, ma nouvelle loupiotte…

Bon, ça un coût (faut avoir les moyeux (!!) pour être précis…) mais je comprends désormais l’insistance de Vincent sur ce paramètre clé en terme de sécurité. Relire ses billets dont celui-ci

Oui, ma peau de graphiste indépendant vaut bien ce type d’investissement. Bref, moi aussi j’ai vu la lumière…! (Private joke)

Ça tire…?

Je n’ai pas senti de différence notable avant et après l’usage de cette dynamo. Par contre, je me sens nettement plus d’attaque désormais pour circuler en ville cet hiver comme en soirée…!

Pour finir, cela va sans dire mais c’est mieux en le disant, merci aux vélos parisiens qui ont été hyper réactifs sur cette installation comme sur la révision.

Localiser… Le Brompton de Vincent

Ou comment homologuer les exploits de notre envoyé spécial…!
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Sans bouger de chez soi…!

Pendant que Vincent gravissait à coups de mollets énergiques (avec un “s” car il faut deux mollets pour pédaler…!) les cols des Alpes — voir ici et , j’étais en train de bosser sur mes écrans.

Sauf que Vincent m’avait chargé d’une mission… téléphoner aux secours s’il n’était pas arrivé chaque soir après 20 heures au bout de l’étape prévue.

Je m’explique. Vincent avait préparé 7 itinéraires possibles et, en fonction des conditions météo, avait prévu de ne se décider que le matin même avant d’emprunter l’un ou l’autre.

Donc, chaque matin, Vincent devrait m’expédier un SMS avec le numéro de l’itinéraire prévu. Du coup, comme je savais qu’il partait avec son iPad 3G, je lui ai proposé de me laisser le suivre via Localiser, une application développée naguère par Apple avec son service MobileMe.

C’est assez simple, il suffit d’avoir l’adresse Mail embarquée dans l’iPad et son mot de passe.

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Et hop, aucune difficulté à suivre le gaillard sur l’iPhone ou l’iPad en vue satellitaire (plus long)…

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Ou sur une simple carte…

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Bon, quand Vincent passait dans une zone nous couverte, seul sa dernière position était affichée…

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Bon, parfois, c’est juste son iPad qui refusait que je le trace et à Vincent de le relancer pour que je puisse le localiser à nouveau…!

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Pour ma part, cela m’a permis de découvrir la région…

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Et de me rassurer en me disant que je pouvais agir en cas d’incident…!

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Mais que fait-il…?

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Sur la Lune…?

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Non…!

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Bref, une solution assez sympa pour suivre à distance notre Hannibal Brompton mais cela sert au départ à retrouver votre iPhone ou iPad s’il est égaré, accessoirement à avertir celui qui l’a trouvé (humm…!) et même à effacer le contenu de votre précieux si besoin est.

Note : Usage plus incroyable, à propos de cet accident d’avion au Chili à proximité de l’île de Robinson Crusoe

Brompton en mode cyclotourisme | 7

L'incontournable Bonette
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Suite de mon mini-séjour dans les Alpes, fin août/début septembre. Après l’ascension du Parpaillon et une bonne nuit de repos à Barcelonnette, j’ai attaqué le lendemain un autre géant : la très fameuse route de la Bonette qui se trouve fort opportunément à quelques encablures de Barcelonnette et juste en face du Parpaillon… Aurait-on pu rêver mieux ?

Qui c’est qu’a la plus haute?

Cette question revient souvent parmi les cyclos. Sous-entendu : “Quelle est le plus haut point (raisonnablement) atteignable avec ma bicyclette?”. S’ensuit discussions et polémiques selon que l’on parle d’un col ou d’une simple route, de goudron ou de piste, de la France, de la chaîne des Alpes dans son ensemble, de toute l’Europe, de Paris rive droite, etc.

La ville de Jausiers, dont dépend la route de la Bonette, ne s’embarrasse pas de détails et revendique (avec force panneaux indicateurs) la “Route la plus haute d’Europe”…

Route de la Bonette, panneau

C’est très alléchant… mais rigoureusement inexact!

Primo, il existe en Europe des voies goudronnées plus élevées, et secundo, avec un VTT ou une bonne randonneuse, on peut facilement monter plus haut si l’on emprunte des pistes. Je soupçonne ces panneaux d’avoir été réalisés et installés un peu rapidement, sans que la pertinence de ce titre auto-attribué n’ait vraiment été mise en question, car sur son site web, la municipalité se montre un chouia moins catégorique… Pour en savoir plus sur les prétendants au titre du-plus-haut-quelque-chose-à-vélo, jetez un œil à la page Wikipédia consacrée au col de la Bonette…

Bon, tout cela n’a pas tellement d’importance… Ce qui prime avant tout, c’est le plaisir de rouler en haute montagne, dans les meilleures conditions et les plus beaux endroits possibles. On n’en voudra donc pas trop à Jausiers d’essayer de faire vivre son économie locale autour de cette route en attirant les cyclistes, au prix d’une subtilité de vocabulaire : il y a bien pire comme arnaque à touristes… D’autant que le parcours vaut largement le déplacement…

Jausiers, panneau

Ho! la belle grise!

En effet, si je la compare à mes quelques ascensions dans les Alpes et les Pyrénées, la route de la Bonette a amplement mérité sa réputation. D’une certaine façon, elle concentre toutes les caractéristiques d’un beau col de montagne : une excellente route pas trop fréquentée, des décors variés et magnifiques (lac, torrent, vallon encaissé, alpages, sommet minéral, etc.), un haut niveau de difficulté associé au prestige d’une ascension mythique, une altitude élevée, des panoramas à couper le souffle, une longue descente sur un revêtement en excellent état (et donc bien sécurisé), sans parler d’une particularité topographique peu courante avec cette curieuse route qui contourne le sommet…

Pour celui qui voudrait tenter au moins une fois dans sa vie une ascension de col à vélo, je ne peux que recommander la Bonette. Elle est certes fort difficile, mais le jeu en vaut la chandelle, et s’il s’agit d’une occasion unique, autant ne pas jouer petit bras(quets, comme dirait JC)…

Col, faux-col, route, route de la cime, cime.

Attention : pinaillage… !

Les toponymes et altitudes des différents lieux environnant la Bonette sont généralement mal renseignés, souvent relayés sur internet par des randonneurs n’ayant pas pris la peine de recouper leurs informations. Sans parler des “autorités” qui ne font rien pour simplifier les choses…

Ainsi, ce petit panneau affichant “Col de Restefond - 2802 m” a de quoi en laisser plus d’un perplexe, car il n’indique ni le bon lieu (il est planté au col de la Bonette!), ni la bonne altitude (qui est celle de la stèle marquant le point culminant de la route de la Bonette)… Une sorte de faux panneau du col de Restefond.

faux panneau de Restefond

Pourtant, en s’appuyant sur les cartes de l’IGN et quelques infos glanées ça et là, il n’est guère difficile de démêler l’écheveau.

Résumons (dans l’ordre d’apparition sur une ascension depuis Jausiers) :

  • La route de la Bonette est le nom officiel de la route et désigne l’itinéraire complet menant jusqu’à la Bonette, à partir de Jausiers (au nord) et de Saint-Étienne de Tinée (au sud).
  • Le col de Restefond (le vrai!), 2680 m, se trouve sur une ancienne piste militaire actuellement intégrée au parc du Mercantour, site protégé. Elle n’est accessible qu’aux piétons purs et durs : même les vélos poussés à la main sont interdits ! Ce col n’est donc pas franchissable à bicyclette.
  • Le faux col de Restefond, 2656 m, souvent confondu avec le vrai, est situé quant à lui sur la piste qui mène vers Bayasse et Saint-Dalmas, à quelques centaines de mètres de la route de la Bonette. On peut donc admettre que la route de la Bonette franchi ce faux col de Restefond si l’on considère qu’un col est une zone géographique plus ou moins étendue et non pas un point matérialisé par un panneau indicateur. Tout le monde ne tombe pas d’accord là-dessus, ce qui contribue à entretenir la confusion… Toujours est-il que, si vous voulez vous faire photographier devant le panneau de ce col, il vous faudra descendre sur la piste…
  • Le col de la Bonette, 2715 m, existe bel et bien. Il s’agit du point de passage entre les vallées de l’Ubaye et de la Tinée. Il se situe entre la cime de la Bonette et la cime des Trois Serrières et marque également le départ de la route de la cime de la Bonette (à l’endroit où se trouve le panneau présenté plus haut!).
  • La route de la cime de la Bonette, 2802 m, partant du col de la Bonette, elle contourne simplement la cime de la Bonette. Construite dans un but touristique, elle prétend au titre de “plus haute route d’Europe”. En réalité, c’est (semble-t-il) la plus haute route goudronnée de France. Elle ne fait que quelques kilomètres mais est particulièrement raide (12 à 13 % mesuré sur l’inclinomètre). Son point culminant à 2802 m est matérialisé par une stèle devant laquelle les cyclos et les motards ne manqueront pas de se faire tirer le portrait. Lorsqu’on l’attaque à vélo, cela correspond au moment où l’on jette ses dernières forces dans la bataille pour arriver totalement fourbu au sommet ; il n’est donc pas idiot d’emprunter le versant le moins exposé aux vents et au soleil (puisqu’on nous laisse le choix)…
  • Le sommet de la cime de la Bonette, 2860 m, est accessible à pied depuis la stèle de la route de la cime de la Bonette (après s’être remis de l’ascension du dernier kilomètre), par un petit chemin escarpé. On peut assez facilement y pousser un vélo pas trop chargé. Plus difficile en moto, surtout si vous roulez en Goldwing… On y trouve une large plate-forme sans barrière de sécurité et une table d’orientation surélevée d’où, par beau temps, on embrasse une vue assez phénoménale sur toute la région.

Bonette, chemin

Voyez également cette carte Google Maps qui reprend les principaux lieux – sauf la route de la Bonette, qui est apparemment boycottée par les services de Mountain View (un comble !).

Toujours plus haut

Le départ se fait donc de Jausiers. De nombreux panneaux “Plus haute route de l’Europe” balisant la route, pas besoin de carte, on peut y aller les mains dans les poches.

Les premiers kilomètres se voient gratifiés d’une piste cyclable… Pour mettre le débutant en confiance ?

Bonette, chemin

Quoiqu’il en soit, on quitte assez rapidement le fond de vallée après quelques lacets bien sentis et commence alors l’ascension d’une suite de combes et de ravins au fond desquels coule un petit torrent.

Bonette, chemin

Et voici une vue supplémentaire de la montée. On voit que, globalement, la route est assez calme… J’imagine que cela doit être un peu plus encombré en pleine saison touristique…

Avant d’arriver au lac des Eissaupres, le décor change et commence à tout doucement à sentir la haute montagne…

Lac des Eissaupres

Petite pause méritée au lac des Eissaupres, peu avant d’arriver aux casernes de Restefond. Quelques vacanciers en train de pêcher ou pique-niquer.

Lac des Eissaupres

Arrivé au niveau des casernes de Restefond (panorama ici). En face, quelques moutons broutent tranquillement, pas vraiment dérangés par la circulation… Notez qu’on aperçoit dans le paysage, en haut à droite de l’image, des étoiles en pierres réalisées par les militaires, histoire de tuer le temps. Apparemment, les casernés étaient coutumiers du fait.

casernes, moutons

casernes, étoiles

Après les casernes, il ne reste plus qu’à gravir quelques kilomètres. On entre alors dans le parc du Mercantour où des règles strictes s’appliquent concernant la préservation de la nature. À droite, la portion gravillonnée de frais n’est pas un parking mais bien la piste qui quitte la route de la Bonette et permet de descendre vers le (vrai) col de Restefond, puis Bayasse ou Saint-Dalmas via le col de la Moutière.

casernes, étoiles

casernes, étoiles

Dernier tournant, et on aperçoit enfin la Bonette. Voici un panorama complet reprenant tous les toponymes cités plus haut, à comparer avec la petite carte. Pour les amateurs du Tour de France, j’ai même indiqué l’endroit où John-Lee Augustyn est passé par la fenêtre en 2008…

À partir de cet endroit, rejoindre le col de la Bonette est un jeu d’enfant, la pente se calme et on en profite pour souffler un coup car, après le col, l’ascension finale de la route faisant le tour de la cime, avec ses forts pourcentages, est un vrai petit défi. Il faut en garder sous la pédale si l’on veut pouvoir la gravir d’un coup.

À la stèle marquant la fin du parcours, échanges sympathiques avec des cyclos anglais (ils sont partout!) et photo souvenir de circonstance :

Bonette, stèle

Mais ce n’est pas fini !… Il est possible de monter au sommet de la Bonette via un petit chemin escarpé sur lequel je n’ai pas hésité longtemps à pousser le Brompton – pied à terre, évidemment (juste prendre garde à toujours rester côté “mur” afin d’éviter le plongeon dans la pente caillouteuse, façon Augustyn, d’autant qu’avec l’effort et l’altitude, la fatigue commence à se faire sentir)…

Bonette, chemin

Sur ce panorama, on distingue mon Brompton sur le chemin menant à la cime (la table d’orientation est visible en haut à gauche) et la vue dégagée vers le sud. En contrebas se trouve la route de la cime et la stèle marquant son point le plus élevé. Dans le vallon, on aperçoit la piste allant du col de la Moutière (non visible) à Saint-Dalmas.

On retrouve une vue similaire sur ce panorama pris au sommet

Et bien entendu, photo-trophée, avant de redescendre passer aux choses sérieuses…

Bonette, chemin

Finalement, après avoir enfilé ma tenue de descendeur pliant, retour vers Jausiers à plein régime sur cette excellente route bien dégagée…

Et voilà : “saison” terminée en beauté avec ces deux magnifiques balades. Le soir-même, je reprenais le train de nuit pour Paris…

Détails pratiques

Pour cette ascension depuis Jausiers, petits braquets obligatoires, cela va de soi.

Également prévoir de l’eau en suffisance, car il n’y a pas beaucoup de passages couverts ou ombragés et peu d’endroits où se ravitailler en eau. Cela dit, il y a pas mal de petits torrents qui coulent ça et là, mais c’est à garder comme solution de secours (prévoir une tablette de purification d’eau). Penser aussi à la crème solaire et un couvre-chef en cas de forte chaleur (en ce qui me concerne, je garde la casquette pour monter et passe au casque pour la descente).

En savoir plus :

  • Beaucoup d’informations relatives à la route sur ce site, et notamment le témoignage détaillé de Jean Pascal, un élu local qui s’est fort investi dans la préservation de la route.
  • Didier Cadelano, cycliste amateur, donne de nombreux détails sur les ascensions de la Cime de la Bonette.
  • René Poty, du club des Cent Cols, évoque l’ascension de la Bonette et des cols alentour.
  • Et pour finir, quelques réflexions plus ou moins théoriques sur la notion de col.

Brompton en mode cyclotourisme | 6

Le Parpaillon, géant oublié
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En préparant ma traversée des Alpes, en 2009, j'avais découvert par hasard un grand col assez peu documenté : le col du Parpaillon, 2780 m.

A priori, pas vraiment faisable avec mon Brompton chargé de bagages, je l'avais donc laissé de côté à l'époque, mais intrigué, j'avais conservé l'info dans un coin de mon Mac et m'étais promis d'y revenir un jour…

Témoin du passé
Le massif du Parpaillon ("Parpaillon" signifiant "papillon" en dialecte alpin) est un massif montagneux situé dans l'Ubaye, près du lac de Serre-Ponçon. Il sépare les départements des Hautes-Alpes (au nord) et des Alpes-de-Haute-Provence (au sud).

Parpaillon location map

Son col marque également le passage entre la vallée de l'Ubaye et l'Embrunais, mais il n'est accessible que par un petit sentier escarpé. Par-contre, un tunnel situé en contrebas du col, à 2650 m d'altitude, permet de passer d'un versant à l'autre avec un véhicule. Long de près de 500 m, il fut creusé de 1891 à 1911 par le génie militaire et les chasseurs alpins dans le but de faciliter les mouvements de troupes françaises en cas de conflit avec l'Italie.

Photo d'époque :

Parpaillon construction 2

Dans les années 1950-1960, lorsqu'on a goudronné les grands cols alpins, c'est son voisin, le col de Vars, moins haut de 500m et plus accessible, qui fut privilégié. Le Parpaillon est donc resté en l'état, avec sa piste caillouteuse datant du siècle dernier, témoin de ce qu'était un col de haute montagne avant l'avènement de l'automobile et du macadam.

Après, il est progressivement tombé dans l'oubli…

En effet : pas toujours bien renseigné sur les cartes (ou alors comme "passage incertain", voire "interdit"), il n'est pas déneigé au printemps par la DDE, les habitants de la région ne l'empruntent jamais, lui préférant le col de Vars, et les vallons alentour sont quasiment inhabités. C'est littéralement tout un pan du paysage qui s'est figé dans une autre époque.

Trop accidenté pour les vélos de course et pas assez technique pour les vététistes, peu de cyclistes connaissent aujourd'hui son existence et seuls quelques originaux vont encore mouiller leur maillot sur son chemin muletier, par curiosité ou par défi…

3/5 de route, 2/5 de piste, un zeste de tunnel…
Ce col cumule quelques particularités intéressantes : deux ascensions conjuguant gros kilométrage et gros dénivelé (30 km/1800 m au départ d'Embrun et 20 km/1360 m depuis La Condamine-Châtelard), des pourcentages importants (relire ce billet à propos de la notion de pente moyenne), 20 km de piste au total ± répartie pour moitié de chaque côté et, finalement, un tunnel sommital qui n'est pas des plus simples à franchir. Bref, un parcours équivalent au Galibier ou à l'Iseran, avec en plus la difficulté inhérente à la piste non goudronnée…

En juin 2011, lors de ma traversée des Pyrénées, j'avais profité de mon passage au col du Tourmalet pour aller me balader sous le Pic du Midi, afin de tester le Brompton sur un vrai chemin muletier, avec armes et bagages.

L'expérience s'était révélée assez satisfaisante et j'en avais déduit que, finalement, le Parpaillon n'était peut-être pas tout-à-fait inaccessible à mes roues de 16 pouces.

Restait plus qu'à trouver l'occasion de retourner dans les Alpes…

Celle-ci s'est présentée plus vite que prévu puisque, début septembre, j'ai eu quelques jours libres immédiatement mis à profit pour m'organiser vite fait un petit séjour alpin.

Voici l'itinéraire complet de ce "Raid Parpaillon" : l'idée était de partir d'Embrun et d'aller passer la nuit à Barcelonnette, soit un trajet d'environ 60 km. La section non bitumée est représentée en rouge.

Parpaillon itineraire

Vous pouvez visualiser ce tracé et ces différents lieux sur Google Maps.

Mon Mountain-Drive étant toujours en SAV (relire ce billet !, pas question d'attaquer la montagne sans braquets adaptés.

J'ai donc emprunté le Brompton de ma compagne (grâce lui soit rendue!), équipé lui aussi du précieux pédalier démultiplicateur, ai procédé à quelques ajustements pour le mettre à ma taille, puis direction la gare d'Austerlitz…

Pour ceux qui croient encore aux vertus du voyage en train, sachez qu'il est tout à fait possible d'embarquer un Brompton dans un train placard train-couchette : il n'occupe pas plus de place qu'une valise et rentre dans les rangements prévus à cet effet.

Housse conseillée et, comme d'habitude, se montrer discret lorsque passent des agents SNCF (déjà eu affaire à quelques zélotes…).

Brompton train couchette

À Veynes, c'est un autocar qui a pris le relais pour cause de travaux sur la voie ferrée (les fameuses vertus…).

Arrivée à Embrun vers 08h00 du matin, il était hors de question d'attaquer le Parpaillon après cette courte nuit ferroviaire. Je suis donc passé à l'hôtel déposer mes bagages, puis direction le petit col de Pontis et ses méchantes pentes pour me dérouiller un peu les jambes… Vue magnifique sur le lac de Serre-Ponçon.

C'est également l'occasion de faire avec JC nos premiers tests de géolocalisation à l'échelle nationale, dont on reparlera bientôt (nooon, rien à voir avec Frenchelon!)… [J'ai ainsi pu homologuer ces exploits en restant derrière mes écrans…! | Note du JC]

Ça monte…
Le lendemain, après une bonne nuit de repos, c'est parti pour le Parpaillon.

L'ascension commence vraiment ici, au pont sur la Durance, le point le plus bas sur l'itinéraire, situé à 2 km d'Embrun.

Parpaillon pont durance

Les 14 premiers km vont me mener à Crévoux, par une montée tout à fait classique : raides (10% d'entrée de jeu), mais en bon état, dans un décor agréable de petit vallon resserré alternant végétation et roches. Le torrent de Crévoux coule en contrebas. Peu de circulation sur cette route.

À Crévoux, je fais halte à l'hôtel-restaurant bien nommé "Le Parpaillon", pour prendre un double café et jeter un œil au livre d'or contresigné par les cyclotouristes qui franchissent le tunnel (les plus anciens dans ce bouquin remontent aux années 80, mais je suppose qu'il existe des registres antérieurs). Ne pas oublier d'aller le signer si vous passez par là…!

Après Crévoux, village de La Chalp : le dernier endroit "civilisé" avant la chapelle Ste-Anne qui se trouve de l'autre côté du col, 24 km plus loin : en profiter pour remplir une dernière fois ses bidons à la fontaine du village.

Parpaillon lachalp

Passé La Chalp, la route mène à une forêt et devient un mince bandeau de goudron qui serpente dans les bois pendant quelques kilomètres, jusqu'au pont du Réal. Là, le revêtement disparaît et les hostilités commencent… C'est parti pour 20 km de piste.

Parpaillon pont real

Les tours de roues suivants sont particulièrement durs et il faut avoir gardé un peu de "jus" pour attaquer ce début de piste. L'inclinomètre du compteur accuse des passages entre 12 et 15 % : petit braquet et gros moulinage de rigueur !

Parpaillon foret

(Bon, à partir d'ici, photos de qualité très moyenne car faites avec mon iPhone 3GS… La batterie du S95 était vide !) [C'est pourquoi, j'utilise un Canon G11, batterie increvable | Note du JC]

Une fois sorti de la forêt, le paysage prend ses atours de haute montagne : alpages et roches affleurantes. La pente ne faiblit pas…

Parpaillon montee 1

Vers 2500 m, un petit ruisseau à franchir, où je fais une pause déjeuner. Silence incroyable, rien, à part l'eau qui murmure. Quelques marmottes au loin.

Parpaillon montee 2

Au-delà de 2500 m, la végétation disparaît, tout est minéral. Quelques lacets très raides, dernière ligne droite, une maçonnerie se laisse deviner ; dernier virage, la bouche sombre du tunnel apparaît enfin !

Parpaillon tunnel bromtpon

Ensuite, il faut traverser le fameux tunnel. Un tronçon de 500 m réputé noir, froid, humide, boueux. J'ai prévu une lampe frontale (car un phare sur dynamo s'arrête… si l'on s'arrête) et des sacs en plastiques pour protéger mes chaussures, toujours pour le cas où j'aurais à mettre pied à terre.

La traversée se fait finalement sans problème, mais c'est probablement la partie la plus casse-gu* de l'itinéraire, car malgré le phare avant, impossible de distinguer quoi que ce soit dans la pénombre. Seule chose à faire : pousser sur les pédales, tenir ferme le cintre et viser tout droit, les yeux braqués vers le point de sortie, en espérant ne pas finir en soleil à cause d'une malencontreuse grosse pierre…

Parpaillon pieds sacs

Deux panoramas (fait à l'iPhone, hè oui) du tunnel et des environs. On aperçoit le Brompton garé devant chaque entrée…
- Versant Nord (côté Embrun)
- Versant Sud (côté La Condamine-Châtelard)

Ça descends…!
Après ces réjouissances, la descente vers La Condamine-Châtelard n'est pas non plus de tout repos : 10 km de chemin muletier, cela signifie debout sur les pédales pour amortir les chocs et freins tenus en permanence, donc crampes aux bras… le tout à 20 km/h maximum car la piste est encore moins bonne de ce côté-ci.

Voici un autre panorama réalisé lors de la descente vers le "Plan de Parpaillon" (situé dans le vallon).

Ci-dessous, après le Plan, pont en bois sur le Bérard : je sors tout doucement du massif…

Parpaillon descente 1

Enfin, arrivée à la chapelle Sainte-Anne, où le goudron reprend ses droits.

Quelques informations au sujet du Parpaillon sont présentées sur des panneaux : historique, dates des travaux, flore, etc.

Parpaillon chapelle ste anne

Parpaillon chapelle panneau

L'expédition se termine ici, car la dernière descente vers La Condamine-Châtelard est facile et très classique. Dernier coup d'œil au col que j'aperçois encore au loin, et retour à la "civilisation"…

En conclusion
Si ce n'est pas la plus longue, c'est de loin la randonnée la plus ardue que j'ai effectuée jusqu'ici en Brompton : bien plus difficile que les grands cols cyclistes "classiques".

Le vélo s'est étonnement bien comporté, mais j'étais contraint à tenir des vitesses très faibles, surtout en montée. Un détail auquel il faut prêter attention : du fait de ses petites roues, le tendeur de chaîne et la transmission sont assez proches du sol et donc sensibles aux accrochages : il faut soigneusement éviter les grosses pierres.

Il est évident qu'un VTT reste le meilleur type de vélo pour ce type de ballade…

Pour ceux qui se laisseraient bien tenter… :
- Un descriptif assez complet de l'ascension (deux versants) avec toutes les données techniques.
- Quelques compte-rendus d'autres ascensions : moins précis, mais agrémenté de photos et qui donnent bien le ton général : ici, ici et .
- Une vidéo de l'ascension depuis la Condamine-Châtelard tournée par un motard automobiliste (merci Franklin pour l'analyse), qui se termine par la traversée du tunnel : bruyante et monotone, mais permet de se faire une idée de l'état général de la piste.

Enfin, pour les prochaines vacances d'été, n'hésitez pas à aller passer un peu de temps dans la région d'Embrun / Barcelonnette : entre la montagne et le lac de Serre-Ponçon, les activités sont nombreuses et variées, tout ou presque est imaginable …

À suivre : Prochain billet cyclotouriste : "Qui c'est qu'a la plus haute ?"

[Noooon, c'est pas vrai, même qu'il y a un village qui évoque déjà cet exploit !! | Note du JC]
image du monde végétal — close-up
logotype d'urbanbike
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Ailleurs… | la petite bande d'urbanbike, les amis et les sites que l'on aime…
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