
Les sceptiques le seraient-ils moins…?!Dans |
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groummphh |
par Jean-Christophe Courte
Plus l'échéance approche, plus l'iPad séduit ceux même qui le flinguaient à tour de bras et de commentaires sarcastiques…! Bref, au fur et à mesure que les projets se dévoilent, que les développements deviennent visibles, que les commandes s'engrangent, le
faux ordinateur — relire ce
billet — séduit…
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette
idée de couverture dynamique rapportée par nos amis de MacPlus. Merci à
Jesse Rosten pour cet argumentaire.
De plus, autre point qui me parle bien, c'est la rupture avec l'idéologie ambiante qui veut que le contenu soit lisible tant à la verticale qu'à l'italienne. Comme s'il était
indispensable que les prochains contenus soient ainsi modulables à tout prix. Au risque de froisser une fois de plus les tenants du CSS et autres flux dynamiques, ce qui est ainsi proposé est tout à fait compatible avec du contenu travaillé — typographiquement parlant — et un certain
format que d'aucuns ont déjà enterré…!
Ce qui est intéressant avec l'arrivée de cet iPad, c'est qu'il va permettre de nouvelles formes de création. Mais il ne faudra pas perdre de vue la portabilité et, surtout la facilité de diffusion dans un unique fichier.
Bref, même si je crois toujours au livre diffusé en papier — ah, le plaisir de lire un polar au format poche que l'on enfourne dans une poche de sa parka, immédiatement opérationnel dans le RER — l'iPad va générer de nouveaux usages (je sais, je me répète…!) qu'il va nous falloir inventer…!
Avec les technologies numériques à bas coût disponibles — du Canon 5D Mk II professionnel au simple Canon IXUS 120 IS qui délivre du 1280 x 720 pixels à 30 images/secondes — des formats pérennes comme le PDF, nous risquons de bien nous amuser…
Quand à la question de savoir si cela va nous permettre d'en vivre, c'est autre chose…!
# | 28/03/2010 | 15:15 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | |
David LodgeDans |
ça se lit |
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par Jean-Christophe Courte
j'aime bien le ton de ce roman de David Lodge, cette manière
amusée de traiter le thème de la surdité et de l'âge. N'étant pas sourd (pas encore…) mais déjà sensibilisé à cet handicap par les difficultés rencontrées lors de discussions avec certains de mes proches, l'angle drolatique me semble une excellente manière d'aborder ce filtre à conversations ! Lodge a l'art consommé de parler de choses graves tout en nous faisant nous marrer à chaque page.
Que ce soit les relations du narrateur avec son épouse, la journée passée avec son père ou l'évocation de ses derniers cours avec ses étudiants, tout reste léger et grave à la fois. Plus amusant encore, la première scène où le narrateur essaye d'interpréter les paroles de sa vis-à-vis, une jeune femme qui manifestement ne comprend pas la situation de son interlocuteur et ne fait aucun effort pour ajuster sa parole. Belle description d'une situation mille fois vécue par l'auteur qui nous distille ce qu'il ressent alors. C'est que Lodge connait parfaitement cette situation, étant lui-même
dur de la feuille !
« Ma pile est morte, ai-je dit. Tu veux que j’en mette une nouvelle ? C’est un peu délicat dans le noir.
- Non, pas la peine », a répondu Fred comme elle n’arrête pas de dire ces temps-ci. Il lui arrive par exemple d’entrer dans mon bureau pendant que je travaille sur l’ordinateur sans porter mon appareil parce qu’il transforme le murmure apaisant du clavier en un cliquetis gênant aussi bruyant qu’une vieille Remington, et de me dire quelque chose que je n’entends pas et, en une fraction de seconde, il me faut faire un choix : interrompre la conversation pendant que je cherche à tâtons la pochette de mon appareil et que j’installe les oreillettes, ou bien tenter d’improviser sans ça ; généralement, j’essaie d’improviser, et le dialogue se déroule plus ou moins de la façon suivante :
Fred : Mur mur mur.
Moi : Quoi ?
Fred : Mur mur mur.
Moi (cherchant à gagner du temps) : Ah ah.
Fred : Mur mur mur.
Moi (essayant de deviner le contenu du message) D’accord.
Fred (surprise) : Quoi ?
Moi : Qu’as-tu dit ?
Fred : Pourquoi as-tu dit « d’accord », si tu n’as pas entendu ce que j’ai dit ?
Moi : Attends que je mette mon appareil.
Fred : Non, pas la peine. Ce n’est pas important.
À lire par tous ceux qui ne devinent pas la souffrance derrière le handicap. Mais aussi les cotés positifs qu'une telle situation peut offrir ! Si vous avez aimé
Thérapie ou encore
Jeu de société,
La vie en sourdine devrait vous plaire. J'aime cette légèreté, ce regard tendre et ironique.
J'ai retrouvé des choses vécues, l'importance des surfaces réfléchissantes dans un lieu avec l'incidence sur la réverbération du son — élément que l'on a tendance à souvent oublier. Et le refus de l'appareillage, la difficulté à le dompter…! Comme souvent, s'équiper de prothèses auditives est mal perçu par celui qui perd la capacité d'entendre. Refus car signe de la vieillesse.
Un excellent bouquin…
La vie en sourdine
David Lodge
Payot-Rivages
9782743618445 | 21,50 €
Info(s) pratique(s)…
Pour finir, cet
interview — lesechos.fr —que Joël m'a signalé ce matin (hé hé, c'est l'avantage du décalage horaire…!). Le PDG d'Hachette, Arnaud Nourry, explique que le livre est en train de prendre sa revanche avec l'iPad d'Apple qui s'annonce comme un allié face aux géants du Net.
# | 24/03/2010 | 10:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | |
Quelques pistes à l'usage des indépendantsDans |
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entreprendre en solo |
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jardin planétaire |
par Jean-Christophe Courte
Billet en mode décousu…
Lu hier ceci :
Mis à part le problème des déchets électroniques issus du marché intérieur, les pays en voie de développement doivent aussi faire face aux tonnes de déchets des pays occidentaux, abandonnés légalement ou non principalement issus des Etats-Unis qui n'ont jusqu'alors pas signé d'accords internationaux dans ce domaine.
Ce rapport de l'UNEP estime qu'au niveau mondial, la masse de déchets électronique augmente de 40 millions de tonnes par an.
La sources est
bulletins-electroniques.com à propos de ce qui se passe en Inde. Je retiens essentiellement le chiffre faramineux de l'accroissement annuel de nos déchets électroniques de 40 millions de tonnes.
Petite suite pratique au billet précédent,
que faire de ses vieux produits en état de marche ?
Préalable : j'oublie dans un premier temps les médias de stockage (CD-Rom, etc.) pour me concentrer sur le matériel informatique, périphériques d'impression compris.
Bon, il se met en place peu-à-peu dans ce pays des pistes pour recycler nos vieux matériels informatiques. Sachez déjà que cet équipement, quand il est neuf, est nommé un
EEE (pour
équipement électrique et électronique) et devient en fin de vie un
DEEE (pour
déchet équipement électrique et électronique).
Oui, pour se repérer, connaître les acronymes est indispensable…! C'est pourquoi je commence par cela.
10 catégories ont été prévues par les pouvoirs publics…
- les gros appareils ménagers : réfrigérateurs, machines à laver, cuisinières
- les petits appareils ménagers : grille-pains, cafetières, aspirateurs, machines à coudre, sèche-cheveux
- les équipements informatiques et de télécommunications : ordinateurs, imprimantes, fax
- le matériel grand public : chaînes hi-fi, postes de radio, téléviseurs, caméscopes, magnétoscopes
- le matériel d'éclairage (sauf ampoules et appareils d'éclairage domestique)
- les outils électriques et électroniques : perceuses, scies, outils de jardinage
- les jouets, équipements de loisirs et de sport : consoles de jeux, jouets téléguidés
- les dispositifs médicaux : tensiomètres, pèse-personnes électroniques, thermomètres
- les instruments de surveillance et de contrôle : détecteurs d’incendie, appareils de vidéosurveillance
- les distributeurs automatiques
Il est claire que la question du recyclage — et surtout du recyclage intelligent, ce que l'on nomme désormais valorisation des déchets — est prise en compte par les pouvoirs publics et l'objectif est de ne plus voir cette catégorie de déchets — les encombrants — finir dans le même bac que les ordures dites ménagères.
Ou pire dans la nature ou en bord de route. Désormais, ces pratiques sont
sanctionnées et l'on ne peut que s'en réjouir même si tout ceci n'est pas encore très clair.
Je vous renvoie à quelques liens utiles sur le net que vous trouverez en effectuant une requête via votre moteur de recherche favori dont ce
rapport du Sénat qui date de juin 1999 et qui posait alors les bases d'une réflexion sur ce recyclage et valorisation des déchets ménagers.
Du coup, on voit fleurir quelques sites pour répondre à nos légitimes interrogations, dont
ecologic-france.com ou
r2defi.
Bref, que faire de votre DEEE, votre vieux Mac ou de votre vieux téléviseur à tube empilé au fond de votre garage, de votre vielle imprimante couleurs qui encombre le réduit sous l'escalier ?!
- Pour les particuliers, le grand public, c'est assez simple, le revendeur est généralement tenu de reprendre le matériel usagé, ce qui fait que votre nouveau lave-linge remplace sans problème celui qui vient tout juste de lâcher pile-poil après la fin de garantie, fabuleux, non ?
- Pour les entreprises, une formule se met en place pour venir collecter sur le lieu de travail tous les produits vétustes.
- Mais la question qui me taraude est celle du travailleur à domicile, de l'indépendant qui, lui aussi, consomme des produits électroniques, numériques et ne peut pas conserver les strates successives de ses outils de production…!
Bon, pour les vieux Macs, le
recyclage familial existe même s'il est possible de le donner à des associations (à condition qu'ils l'acceptent, ce qui n'est pas toujours gagné…), des amis ou des collectionneurs dans la mesure où ce matériel fonctionne.
Mais certains produits sont devenus totalement obsolètes voir hors d'usage et ne peuvent pas être réparés faute de pièces ou, pire, d'unités à brancher dessus, voir de
drivers (ben oui, une imprimante sans pilote d'impression, c'est pas très efficace). Je pense également à tous les périphériques SCSI.
C'est ce point qui m'intéresse :
Comment se débarrasser de nos DEEE de manière propre et rationnelle, où les déposer, est-il possible de faire venir une équipe avec un véhicule pour collecter ces DEEE, à partir de quel volume, pour quel coût…?
Bref à qui s'adresser en toute simplicité…?
Bien évidemment, on a envie d'optimiser cette opération en proposant dans des cartons à part tous les vieux résidus de stockage… Mémoire de masse (disques durs…!), CD-Roms désormais inutilisés, supports obsolètes (ZIP, JAZ, Bernouilli Box, disquettes). Et même applications, comprendre, les CD-Roms d'installation, etc.
Car le problème souvent, c'est que tout ceci commence à prendre une place sérieuse. Ce n'est pas un ordinateur ou une imprimante qui pose problème mais bien une chaîne de production numérique avec de nombreux produits professionnels. Dans mon cas, j'ai deux imprimantes encombrantes à pousser au recyclage avec parfois des consommables non encore utilisés. Mais aussi des DEEE personnels et, bien entendu, une masse de produits de stockage. Des vieux disques durs mais aussi des galettes de stockage.
À ce jour, il existe déjà des opérateurs comme…
Court-circuit ou
r2defi (dans le Nord, une structure qui crée des emplois). Notez que ceci semble ne concerner que les professionnels et que le retrait des déchets n'est pas une opération forcément gratuite… Ce billet sera complété en fonction de mes propres expériences (ou de vos témoignages).
Pour le moment, on s'adresse aux professionnels même si les
détenteurs ménagers sont pris en compte…
- Lors de l'achat d'un appareil électrique neuf en magasin, le distributeur a pour obligation de reprendre gratuitement l'équipement usager, de nature équivalente. Il s'agit de la "reprise 1 pour 1".
- Les collectivités locales ont équipé les déchèteries pour accueillir les appareils électriques arrivés en fin de vie.
- Les acteurs de l'économie sociale et solidaire (comme Emmaus et Envie) remettent les DEEE en état de marche. Ils seront ensuite revendus dans les magasins spécialisés.
Bref, rien n'est réellement proposé aux petites structures (micro-entreprises, auto-entrepreneurs, travailleurs indépendants,…) qui sont, d'une certaine manière assimilés à des détenteurs de DEEE ménagers…!
Ben non, le système de la "reprise 1 pour 1" ne fonctionne pas, mes vieux Macs sont — jusqu'à présent,
dispatchés.
De plus, je me vois mal aller déposer ma vieille
QMS Konica-Minolta Magicolor 3300 A3 dans une grande enseigne vu son poids pour la remplacer par une petite imprimante. À ce propos, je
donne en l'état celle que je conserve pieusement sous mon escalier avec des recharges et du papier (suffit de me contacter par courriel et de venir la chercher).
Mais, pour le moment, je pense réunir un maximum de produits recyclables (et réutilisables) et les proposer, par exemple, à ces acteurs de l'économie sociale et solidaire que sont
Emmaus ou
Envie… Ce dernier revend
via trois boutiques pour le moment du matériel réparé par ses équipes à des prix bas (bien pratique pour aider de jeunes ménages) et
recrute même.
Dernier point, prenez le temps de vous renseigner, optez pour la récupération de vos encombrants et, surtout, éviter de balancer dans les poubelles…
Note de fin. On sait fabriquer sans problème de nouveaux DEEE… À preuve
les décodeurs TNT (via futura-sciences.com).
Note(s) de lecteur(s)…
Nicolas ajoute :
Il y a aussi le site donnons.org par lequel j’ai donné mon vieil Imac en état de marche il y a quelques années. Ca fonctionne plutôt bien.
L'ami Etienne qui vit en Belgique m'écrit ceci :
Par ici, question recyclage, deux solutions.
La première, le PAC, ou parc à conteneur, où l'on peut déposer les déchets "encombrants" privé, limités à un mètre cube par jour… y compris, pour ce qui nous concerne, le matériel informatique qui est dissocié et traité en récupération.
La seconde, que je préfère, est la récupération.
PAC que j'aimerais bien trouver par chez nous.
Conseil du pro, l'ami Guillaume Gete
via twitter…
@urbanbike Très bien ! Attention juste aux supports de stockage, faut bien les effacer avant de les laisser à n'importe qui… :-/
# | 23/03/2010 | 11:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | |
Lutter contre l'ennui, première utilitéDans |
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par Jean-Christophe Courte
Hier, je me suis un peu lâché à propos de l'iPad et je remercie tous ceux qui m'ont expédié un petit courriel et ceux qui ont poursuivi la conversation sur FaceBook (eh oui, de temps à autre, je cite un billet d'urbanbike sur ce support).
Comme j'avais évoqué l'idée d'un usage de l'iPad à l'hôpital, j'ai posé la question directement à des infirmières et des internes du service de réanimation où je me rends quotidiennement depuis une semaine. Et là, comme quoi, cette idée rejoint les préoccupations des soignants. Il faut comprendre qu'être attaché à son lit, câblé de tous côtés mais conscient n'est pas une situation amusante. Et que l'ennui comme les pensées sombres sont majoritaires. Ce n'est pas le passage de l'infirmier pour réajuster la machine à respirer ou le changement de perfusion qui remplit la grande solitude de l'hospitalisé. Hormis la visite des proches, c'est le désert des tartares.
Déjà, j'ai appris qu'il était possible de venir avec une radio pour remplir le silence de la chambre. Enfin, silence bien relatif, tant les alertes retentissent dès qu'il y a le moindre incident décelée par une sonde. Mais quand on est intubé et lucide, sans connaissance aucune du morse (!!), communiquer en hochant la tête ou clignant des yeux est épuisant dès lors que le visiteur de passage n'est pas apte à lire les signes malhabilement tracés sur le drap par la seule main valide.
Du coup, ces services s'interrogent sur l'utilité d'une télévision ou d'un dispositif individuel de radio mais aussi sur l'idée de déployer du wifi. Et c'est là où un simple iPad accroché par un bras articulé au montant du lit peut servir — sous conditions — à communiquer
via un simple traitement de texte.
Je pense bien entendu à
WriteRoom qui permet de jouer sur la taille des caractères et sur le contraste du fond de page. Ou encore à
Tiki'Notes pour son système de complétions.
Certes, le premier est le plus adapté car ne nécessitant aucun apprentissage et affichant un clavier complet mais la philiosophie du second permet de réduire le nombre de caractères à saisir. Bien entendu, ce dispositif servirait essentiellement à poser aux questions à ses proches. Pour les plus aguerris d'entre-nous et, à condition de se souvenir de ses codes, on pourrait imaginer des échanges courriel ou des surf sur internet.
Avec la possibilité de grossir le contenu, le poids léger, l'absence de clavier et de souris, le fait de juste tapoter (à condition de bien viser), l'iPad comme échappatoire. Il faudrait bien entendu que le personnel de santé sache intervenir au minimum pour adapter cette tablette au cas par cas. C'est le seul point qui ne m'inquiète pas.
Bref, je reste convaincu que des iApp
ad-hoc seront un jour disponibles sur un iPad avec une interface minimaliste pour répondre à des taches simples mais au combien importantes quand on se morfond dans un lit d'hosto toute la sainte journée.
À suivre.
# | 19/03/2010 | 11:00 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | |
Inutile ? Vive les trucs inutiles…Dans |
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par Jean-Christophe Courte
Souvent, sur certains excellents sites francophones, le meilleur se trouve dans les commentaires.…! Un endroit où, protégé par un anonymat de bon aloi, tout le monde peut y aller de sa remarque perfide. Et la cible en ce moment est Apple qui ne comprendrait plus ses utilisateurs historiques. L'autre cible est ce machin bizarre qui n'a pas de caméra vidéo embarquée, un truc tout plat nommé
iPad.
Ils sont nombreux à se lamenter de ne pas avoir eu de nouvelles annonces matérielles de la part d'Apple. À croire que les processeurs actuels embarqués ne permettraient pas même de travailler correctement, que les produits vendus ne seraient pas/plus à la hauteur des exigences minimales réclamées par ces
vrais travailleurs numériques, qu'Apple perdrait son temps à lancer ce concept minable de
tablette que tous ces experts auto-proclamés déchiquettent à belles dents…!
Bref, Apple est accusé de tous les maux. Brouille avec le
gentil Google — qui ne fait pas le mal, accords contre nature possibles avec Microsoft — le
mal absolu, CQFD. Pire, Apple gagnerait de l'argent, trop d'argent en nous vendant ces machines.
J'avoue que je suis troublé par la naïveté sans bornes qui suinte de ces commentaires. Apple est une société commerciale au même titre que Google ou Microsoft. Une seule différence, Apple ne verse pas de dividendes et utilise l'argent ainsi capitalisé pour procéder à des acquisitions ou, mieux, à financer sa recherche et développement.
Mais ce n'est pas cela qui me surprend, ce sont avant tout les avis
éclairés de personnes qui ne voient le monde que par le filtre de leur petite lorgnette personnelle… Alors, oui, ils ont tous raison ponctuellement dès lors qu'ils n'évoquent que leur situation. Machines pas assez puissantes, pourquoi pas ; soucis techniques patents sur le dernier iMac, oui ; attente d'une nouvelle version d'OSX, oui ; attente d'une nouvelle génération de portables ou de stations de travail, oui également.
De fait, ces remarques de bon sens n'ont cours que dans le monde douillet de l'informatique que nous pratiquons depuis plus de 25 ans avec un doublement régulier de puissance tous les "n" mois et baisse régulière des prix.
Et, bien entendu, l'arrivée de l'iPad qui retarde la livraison de nouvelles machines pros attendues comme le messie agace quand elle n'est pas source de commentaires surprenants comme
peut être qu'Apple va cesser de s'égarer dans des gammes comme l'iPad pour se concentrer sur des Vrais ordinateurs.
J'ai lu ceci ce matin et c'est pourquoi je réagis à chaud. C'est quoi un
vrai ordinateur…?!
J'utilise des machines
pommées depuis 1984 et j'ai toujours eu de vrais ordinateurs pour travailler et gagner ma vie. Mon dernier G5 — même s'il met un temps
époustrouillant à démarrer — reste un vrai ordinateur avec une stabilité exceptionnelle. Et même si je suis passé à un Mac Book Pro, je sais que je peux compter chez lui en cas de souci et que je risque juste de passer un peu plus de temps devant son écran dès lors que je lui demande des opérations complexes sur des images.
Mais pour le reste, quelque que soit la machine, l'élément le plus lent, c'est moi.
Quand je saisis ce texte, peu importe la vitesse du processeur, ce sont mes deux doigts qui se déplacent sur le clavier (eh oui, j'avoue ma dactylo d'escargot) qui sont le maillon faible…!
Bref, la puissance, j'en ai besoin souvent mais pas tout le temps. J'ai nettoyé mon vieux titanium alu pour ma fille et lancé quelques applications dont une antique suite CS pour voir. Pendant plus de trois années, j'ai gagné ma vie de graphiste avec cette machine et c'est toujours possible quoi qu'en disent ces experts.
Mais je m'égare.
Ce sont les attaques contre le iPad qui m'agacent prodigieusement. Ce produit n'est pas encore disponible et déjà ce serait un truc
inutile.
Bon, je recommande à ces enfant gâtés et déçus de sortir un peu de leur univers. Je passe pas mal de temps en ce moment dans dans des services hospitaliers, des endroits rigolos comme des UHCD, des services cardio ou, encore plus
fun, des services de réa. Bon, quand on est intubé et connecté à des machines en mode survie, la question n'est plus de savoir si l'on va utiliser — ou non — un
vrai ordinateur mais juste si l'œdème du larynx causé par les tuyaux va se résorber comme l'œdème pulmonaire, si on va simplement s'en sortir, respirer, relancer ses fonctions vitales au lieu que ce soit le respirateur — sous
Windows — qui bosse.
Hier, ma génitrice, redevenue consciente, a essayé de communiquer avec nous. Comme son cerveau fonctionne à vitesse grand "v", elle souhaitait comprendre comment et depuis combien de temps elle était ainsi câblée de tous côtés. Et nous a dessiné lettre à lettre sur son drap ses questions pour que nous puissions lui répondre. Tiens, j'aurais bien aimé ce truc
inutile qui afficherait en grande taille un clavier succinct et l'enchainement de lettres formant alors sa question.
Hier, j'aurais aimé passer un
faux ordinateur à mon père frappé par la maladie d'Alzeihmer mais aux fonctions cognitives en hausse grâce à un régime et des médicaments efficaces. Tapoter sur des mots clés et lire au calme des réponses issues de Wikipédia serait d'un meilleur secours à sa mémoire que les émissions de télé-réalité ou la "nième" diffusion d'un épisode d'une série de l'inspecteur Derrick.
Bref, mon sentiment est que beaucoup trop d'utilisateurs réagissent exclusivement par rapport à leur monde, leurs usages, comme s'ils n'étaient capables que d'une pensée ethnocentrique dès que l'on évoque l'informatique avec un grand "I".
Aussi, je leur souhaite de comprendre enfin qu'Apple ne fera plus des machines destinées exclusivement à leur usage. Mieux encore, qu'avec ce iPad, Apple nous propose une sacrée rupture, des produits à vocation nettement plus domestiques. Et à l'usage de tous. Bref, peut être une nouvelle génération de
vrais ordinateurs
pour tous…!
Ma question en retour est celle-ci, est-ce le
pour tous qui dérange ?!
Allez, je m'interromps ici, pas mal de boulot en retard ce matin à réaliser sur mon Mac
poussif qui date, horreur, de quatre mois — autant dire
dépassé…!
NB : je me relis ce soir… Là, c'est du "brut de fonderie"…
# | 18/03/2010 | 10:50 | .(JavaScript must be enabled to view this email address) à Jean-Christophe Courte | |
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