image du monde végétal — close-up

Largeur de colonne et lecture sur le web

Quelques notes en vrac…
Dans | édition américaine |

par Jean-Christophe Courte

Préalable. Le billet ci-dessous de Joël m'est arrivé avant que je termine celui-ci que j'avais démarré de mon côté et c'est une heureuse coïncidence… Je le publie donc en complément du sien.

Je ne sais pas ce que vous pensez de tout cela mais c'est assez judicieux… En fait, les sites semblent avoir été pensés souvent pour asseoir l'image des entreprises qu'ils servent, la mettre en scène, la théâtraliser plus qu'informer…

Au fil des années et avec la multiplication des blogs, le texte a pris la plus grande part… Certes, nous avons des écrans superbes, larges pour afficher des images mais l’œil ne suit pas dès qu'il s'agit de texte. Essayez de lire des paragraphes de blocs supérieurs à 700, 750 pixels… Une fois sur deux vous sautez une ligne et c'est fatiguant.

Certains sites qui viennent de l'imprimé l'ont compris.
Prenons l'exemple du site du journal Le Figaro… Au dessus de chaque article (celui-ci par exemple…), vous trouvez une icône qui va vous proposer de basculer le billet affiché sur une colonne vers une présentation sur trois colonnes… Testez pour voir ce qui vous convient le mieux.

À la création d'urbanbike, j'ai opté intuitivement pour une colonne principale avec une largeur de 450 pixels… 450 pixels à 72 dpi (*), c'est l'équivalent d'une colonne de 15,9 cm papier à 300 dpi. C'est peu et c'est beaucoup. Sauf que…!!

Sauf que nous vivons avec un mythe tenace, celui que la résolution de nos écrans serait tous de 72 dpi… Là, je me réfère à Bruce Fraser et à son dernier ouvrage — Netteté et accentuation avec Photoshop CS2.
Non, nos écrans ne sont pas calibrés à 72 dpi et cela influe aussi notre ressenti des pages Web…
En effet, je perçois ma colonne de 450 pixels comme bien moins large que les 15,9 cm calculés sur une base de 72 dpi…

Et pour cause…!!
J'utilise deux écrans, un vieux 17 pouces (1024 par 768 pixels) et un 21 pouces plus récent (1680 par 1050 pixels), les deux de marque Apple.
Le premier affiche sont contenu sur 30,7 cm de large (soit 12,09 pouces si je divise ces 30,7 cm par 2,54). Je divise les 1024 pixels affichés en largeur et j'obtiens une résolution de 84,7 dpi… Capito…?
Ma fameuse colonne de 450 pixels est en fait perçue sur une justification de 13,4 cm…!
Si je fais les mêmes calculs pour mon écran principal — 43,4 cm de large, soit 17,09 pouces ; que je divise les 1680 pixels en largeur par 17,09, j'obtiens une résolution de 98,3 dpi… — ma colonne de texte n'est plus perçue que comme un bloc texte de 11,6 cm…
Un rapide passage sur le vieux Titanium de mon fils (après calcul, 91 dpi), cette colonne s'affiche sur 12,56 cm de large…

Du coup, le fait que la valeur de cette colonne soit perçue "à la louche" autour d'une justification de 13 cm explique mieux pourquoi je me sens à l'aise en lecture… Comme l'écrit Joël, la fréquentation quotidienne du livre blog n'est pas étrangère à ce choix intuitif…
Pensez-y en projetant votre prochain site…

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Néanmoins, ne refermons pas ce billet en expliquant qu'un écran étroit serait, dès lors, la panacée…!! C'est exactement ce que cherchent à nous faire croire tous les vendeurs de readers ! Le format des livres est multiple comme les sites internet et c'est aussi à nous d'inventer des mises en pages combinant éventuellement plusieurs flux… À la manière de certains beaux livres à l'italienne qui mêlent images et colonnes de texte. Une exploration approfondie des CSS devrait nous permettre de réaliser cela.

La page électronique

Le lion qui chasse ne fait pas de bruit
Dans | édition américaine |

par Joël Seguin

En rédigeant ces billets, j’apprécie la feuille de style des blogs qui rend enfin la lecture numérique plus confortable sur internet. Ce qui manque cruellement aujourd’hui, c’est un format d’écran d’ordinateur tenant compte de cette large colonne d’une quinzaine de centimètres à laquelle s’adosse une colonne plus petite. Parfaitement adaptée à notre utilisation quotidienne, l’éditeur ne manquera pas de remarquer le format et la largeur de ligne utilisés pour optimiser la lecture : celui du livre.

En quelques mois, une porte s’est donc ouverte pour accueillir une version électronique du livre papier puisque la présentation du blog s’impose comme le standard de lecture sur internet. Une technologie numérique s’appuyant sur une pratique culturelle bien ancrée, cela fait penser au succès du iPod.

Une deuxième porte est en train de s’ouvrir via la définition irréprochable des écrans. Je ne me lasse pas des photos en haut de page de ce blog : prises avec un bon appareil, elles sont reproduites avec une qualité d’image qui ne cesse de croître, au rythme des derniers progrès technologiques.

L’usage de la version électronique du livre papier est une question de timing. Car les services fabrications des maisons d’édition sont au diapason : les livres sont… de fiables et efficaces Pdf dans leur forme finale avant impression.

L’interactivité, point faible du Pdf ? Non, je n’en n’ai pas besoin, je suis déjà pleinement interactif en tant que lecteur avec l’auteur. Un prix inférieur car sur le net ? Pas vraiment. Comme ces lecteurs prêts à payer le livre plus cher s’il respecte l’environnement, je n’ai aucun problème à payer le prix du format papier pour être autorisé à télécharger le Pdf de mon prochain livre à partir du moment où mon ordinateur portable est mieux adapté.

Editeur, je chercherai moins la rentabilité par le volume de livres imprimés, ce qui augmente mes coûts mais je me rattrape sur la non-distribution physique du livre dans sa version électronique.
Auteur, je préserve mes droits, ma relation privilégiée avec mon éditeur et ma visibilité.
Libraire, je répartis mes ventes entre le livre papier et les versions électroniques téléchargées en magasin ou sur mon site web pour lesquelles je perçois le même pourcentage à chaque vente.
Lecteur, j’ai un accès unique et nouveau au savoir dans sa dimension pratique et je valorise plus qu’avant mon temps de lecture dédié aux livres papiers.

Mon ordinateur portable, plate-forme multimédia nomade sur laquelle j’écris ce billet, est le support ayant le plus fort potentiel pour me faire aimer la lecture numérique, du blog au courriel en passant par le livre.

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Installer matériel et connexions | 7 | Soigner courriels et signature

La chronique du Lundi
Dans | signé lukino | travailler chez soi |

par Jean-Christophe Courte

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Comme votre orthographe, soignez votre identification sur tous vos envois de courriel par internet.
Une adresse de courriel en dit beaucoup sur vous… ! Évitez déjà le style .(JavaScript must be enabled to view this email address) ou, pire encore, celui associé à un pseudo comme .(JavaScript must be enabled to view this email address) pour votre activité « pro ».
Si vous travaillez dans une entreprise, vous continuerez à utiliser une adresse au nom de celle-ci.

Avantages ? Pour vos clients, le fait d’avoir une adresse comme les autres membres de votre entreprise est sécurisant et plus facile à retenir. De plus, en ayant une adresse privée, vous distinguerez aisément courriers à caractère professionnel des courriels de vos amis. Pour un indépendant, .(JavaScript must be enabled to view this email address) est plus valorisant qu’un .(JavaScript must be enabled to view this email address) De plus, un courriel avec un nom de domaine incite vos contacts à jeter un œil sur le site web associé.
Enfin n’oubliez pas de signer vos courriels : tous les logiciels de messagerie vous permettent d’ajouter automatiquement une signature à chacun de vos envois. Au format texte de préférence, elle doit rester sobre et précise, fournir vos coordonnées. Cela sera particulièrement apprécié par tous vos correspondants distraits qui n’ont pas pris le soin de vous ajouter à leur carnet d’adresses… Ce que vous faites, bien évidemment !
Il existe une tripotée de courriels gratuits dont le service proposé par Google, GMail, qui est l’un des plus innovants.

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Cet extrait est tiré de Comment travailler chez soi

Eragon, Piccolo et Saxo

Bof, bof…
Dans | ça se regarde |

par Jean-Christophe Courte

Mon fiston vient de rentrer déçu du cinéma… Ayant lu les deux premiers tomes d’Eragon, le film ne correspond pas à ce qu’il avait apprécié dans cette histoire… Frustré mais, en même temps, convaincu que les non-lecteurs apprécieront peut être. Bref, quid de la complexité du récit de Christopher Paolini…
Comme si la mise en images faisait disparaître la magie…

Pour ma part, je suis allé voir Piccolo et Saxo avec ma fille et, bon, scénario gentillet, pas très envoûtant même si c’est plein de bons sentiments (tolérance, partage, etc.) avec des dialogues de “djeuns”. Idem, rien à voir avec la version sonore accompagnée de la voix de François Perrier.
Bref, la musique d’André Popp est toujours là mais préférez l’original de 1956 — Piccolo, Saxo & Compagnie — qui, lui, n’a pas pris une ride en cinquante ans…!

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Quid des bonnes et des mauvaises semences

Les semences doivent-elles être brevetées ou non, cataloguées ou pas…?
Dans | jardin planétaire |

par Jean-Christophe Courte

Autant l’histoire du purin d’ortie était étonnante mais avait peu d’incidence sur notre quotidien immédiat, autant la décision de la Cour d’Appel de Nîmes hier (22 décembre) peut en avoir de sérieuses… Depuis des décennies, le génie génétique de la nature est devenu un fantastique enjeu industriel car qui le contrôle a le pouvoir…
je vous laisse donc réfléchir à des faits, autant de petites pierres laissées, non par un petit poucet soucieux de rentrer au bercail, mais par des ogres économiques décidés à nous conduire vers leur notion du bonheur… Bien évidemment, le discours des uns comme des autres est toujours positif, pensé pour le bien de l’humanité toute entier, etc.

Il y avait d’ailleurs — il y a un bon mois — un excellent dossier à ce sujet dans le Monde 2 que j’avais lu dans le RER…
Économiquement, ce sont réellement des acteurs de poids, je cite le GNIS :

Les six leaders mondiaux sont ainsi Pioneer Hi-Bred International (2 164 M€ de chiffre d’affaires dans les semences, filiale de DuPont de Nemours), Monsanto (1 936 M€, États-Unis, filiale de Pharmacia Corporation), Syngenta AG (1 068 M€, société indépendante suisse), Groupe Limagrain (873 M€, coopérative française), Seminis Inc. (479 M€, société indépendante américaine) et Advanta (421 M€, filiale d’Astra-Zeneca). Trois autres entreprises françaises comptent aussi parmi les vingt premiers mondiaux : RAGT Génétique (17e, 110 M€), Euralis Semences (18e, 105 M€, société indépendante) et Union In Vivo (20e, 90 M€, union de coopératives).

Néanmoins tout ceci laisse pensif… Moralement, qui peut revendiquer légitimement un quelconque droit sur un patrimoine génétique universel…? Pas plus vous que moi… Il serait temps de réfléchir à ce qui peut ressembler à une sorte de hold-up planétaire silencieux… Si les inventions, transformations ou manipulations scientifiques sont brevetables car elles demandent des labos, des chercheurs et des prises de risques, le patrimoine originel que représente ces semences doit être, lui, accessible à tous sans verrouillage, sans restriction. Laissons à tout à chacun la possibilité de cultiver ce qu’il souhaite dans son jardin, des espèces anciennes aux saveurs différentes.

Ce qui se passe en ce moment rappelle le rachat des compagnies de trams aux USA par les firmes pétrolières et les fabricants d’automobiles… Après que les lignes de trams eurent disparu, la voiture s’imposa… Adaptez ce même scénario imbécile — dont nous payons aujourd’hui les effets un siècle plus tard — aux semences…

En effet, cette biodiversité dérange (lire le billet en entier qui résume bien la situation), d’autant que…

…l’administration française a dressé un catalogue des variétés potagères dont il est licite de perpétuer les semences…

En se fondant sur ce catalogue, l’association Kokopelli vient d’être condamnée hier et je copie/colle le courriel engagé de Raoul Jacquin-Porretaz que j’ai reçu ce matin comme un paquet d’autres personnes curieuses et vous laisse juger par vous-même :

L’association Kokopelli œuvre pour la défense et la libération des semences potagères et florales anciennes et reproductibles. Pour ses actions, elle a été maintes fois inquiétée. Le verdict de la Cour d’Appel de Nîmes a de nouveau des relents d’une « justice » que l’on pourrait croire sous influence.
Alors que le tribunal d’Alès avait relaxé le président de l’association Kokopelli, ce matin, 22 décembre 2006, Madame la Présidente de la Cour d’Appel a conforté l’Etat français dans son mépris des textes Européens et mondiaux en infligeant une très lourde amende aux semences anciennes : 17.130 euros (3426 amendes à 5 euros pièce !!!).

Dominique Guillet a, en outre, été reconnu coupable de mettre sur le marché des « semences de variétés non conformes ». A quoi la Vie doit-elle être conforme ? Cachez cette semence que je ne saurais voir…
La directive CEE 98/95 œuvrant en faveur de la biodiversité, est transcrite en droit français, mais n’est pas appliquée : cette carence de l’état permet aujourd’hui la condamnation de Kokopelli à près de 20.000 euros d’amendes et frais.
L’appel des séquestreurs de semences (GNIS et FNPSP — Fédération nationale des professionnels de semences potagères et florales) avait été considéré comme non recevable par Monsieur l’Avocat Général, à l’audience du 31 octobre 2006. Madame la Présidente en a décidé autrement.

De nombreux textes de la communauté Européenne ou mondiaux (traité de Rome, FAO…) insistent sur l’extrême urgence et l’importance de préserver le patrimoine cultivé de l’humanité. La France, pays des lobbies et du corporatisme, s’illustre par son incompétence et son mépris de l’avenir.
Il est révélateur de voir le soudain engouement de nos politiciens et de nos énarques pour Al Gore ou Hulot et de constater la profonde dichotomie de leurs actes.
Il nous faut aller aux urnes, comme à d’autres générations il a fallu aller aux armes, alors pour répondre à l’insulte qui est faite à la démocratie, avec cette parodie de prise de conscience écologique; allons au jardin, semer la Vie par les semences anciennes, au moins, nous ne perdrons pas notre temps.
Il ne faut pas être dupe, ce n’est pas Dominique Guillet qui a été condamné, en tant que Président de l’Association Kokopelli. C’est son travail et ses prises de position en faveur de la biodiversité et de l’accès des peuples à l’autonomie semencière et nourricière.
A travers cette condamnation, tous les jardiniers passionnés par la variété au jardin, par la variété des goûts, des formes, des couleurs, tous ces jardiniers qui construisent en conscience les jardins du futur sont atteints dans leur liberté. Nous ne sommes pas dupes, le jugement de Nîmes est une insulte à la diversité de penser. Il fait le lit des technologies mortifères et restrictives ; il oppose la Vie, dans toutes ses grandeurs, à la morbidité la plus profonde.

Quelles doivent être les actions citoyennes aujourd’hui ? Faire respecter les directives européennes et appliquer le principe de précaution, en neutralisant les O.G.M. en pleins champs, conduit en prison. Maintenir, sauvegarder, promouvoir la diversité génétique, par le biais de notre patrimoine semencier, selon les souhaits du plus grand nombre et en respect des textes de loi faisant force dans ce pays, conduit à une condamnation. Réduire les pesticides en utilisant des pratiques phytoculturelles (purin d’ortie et autres…) est aussi répréhensible.
Il est à ce niveau intéressant de se rappeler que l’état français vient d’être épinglé par l’Europe et doit payer la coquette somme de 38 Millions d’euros et 360.000 euros d’astreinte journalière pour non transcription d’une directive européenne sur les O.G.M..
Les amendes infligées à Kokopelli vont donc contribuer à la diffusion en toute illégalité des chimères génétiques dans notre pays.
Il est des raisons privées que la raison d’état n’ignore pas…

Voilà, à vous, à nous, à moi de réfléchir sur ce nouvel épisode…
Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’au fond de nos jardins, nous avons peut être des plantes qui ne rentrent pas dans ce fameux catalogue que le monde entier nous envie…! Bref, ça recommence…!!

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Aucun rapport, comme d’habitude. Comme cet autre lien

NB : pas trop tôt… enfin le 02/01/2007 une reprise dans les grands médias… Ainsi Le Monde :

Cette perte de biodiversité fait partie des motifs d’inquiétude de l’Organisation mondiale de l’alimentation (FAO). Elle aboutit à une “érosion du matériel génétique disponible pour les générations actuelles et futures”, écrit la FAO. Ce matériel constitue “un réservoir d’adaptabilité génétique qui sert à atténuer les effets potentiellement nuisibles des changements économiques et environnementaux”, ajoute l’organisation, qui prévient : “L’érosion de ces ressources menace gravement la sécurité alimentaire mondiale sur le long terme.”

Kokopelli milite pour la création d’un fichier de variétés que chacun pourrait enrichir et utiliser à sa guise, quel que soit son objectif. Une perspective rendue possible, selon l’association, par la directive européenne 98-95, qui pose le principe de conditions particulières pour les “semences de conservation”, variétés anciennes menacées d’érosion génétique. Mais cette disposition n’a pas été transposée en droit français.

05/01/2007 : À lire cet avis d’Autheuil à propos de cette histoire…

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